Interview exclusive deJulien Roux
Frontière entre l'orient et l'occident, la Turquie
est une charnière où l'Orient n'a pas tout à
fait commencé et où l'occident n'est pas tout à
fait terminé. Voici une terre de contraste où,
Julien Roux, jeune voyageur occidental trouve encore quelques
marques de sa civilisation. Pas tout à fait " largué
", il tâte le terrain pour aller un jour encore plus
loin.
De
la Turquie de l'Ouest au Kurdistan, les contrastes s'épaississaient
et la confrontation des cultures devenait visible. Une confrontation
qui prenait un tout autre sens dans ce que ressassaient sans cesse
les médias occidentaux. La Turquie était en proie
au PKK. Ce n'était pas l'événement Turquie/PKK
qui intéressait Julien le voyageur mais davantage le
quotidien des turcs. Ca c'était de l'événement.
Il ne savait pas quelle image il allait ramener mais en tout cas toutes porteraient un caractère infiniment quotidien,
toutes seraient la présentation de ce vécu.
De
toute façon, Julien le voyageur n'avait nullement l'intention
d'aller griffonner quelques vestiges d'une histoire passée
et repassée. Les lieux touristiques étaient vides
de sens, ils représentaient la photographie de masse, le
vol organisé
Les plus belles choses perdaient
leur aura ainsi capturée par les hordes de touristes. Il
lui fallait évacuer tout ce qui ressemblait à la
notion d'Exotisme et rechercher l'anodin.
En se positionnant dans cette situation de découverte,
il devenait alors ce " nomade " qui fait corps avec
le mouvement et crée les instantanés qui rempliront
ses carnets.
Julien
Roux a reconstruit le quotidien des turcs et peut-être a-t-il
bâti une Turquie. " Ca c'est la Turquie ! "
dirent les gens du pays qu'il rencontrait en chemin.
Oui peut-être est-ce cela la Turquie car le dessin porte
en lui cette chose que chacun peut comprendre : une parcelle
d'universalité
Si l'universel n'a rien à
faire dans cette histoire, alors le jeune voyageur a tout de même
réussi à communiquer et à rompre les barrières
culturelles en quelques coups de crayon.
Tous
ses carnets sont des " dessins sur le vif " car
ils présentent avant tout le reflet d'une rencontre, la
trace de ce premier contact avec une autre culture.
Lorsqu'on arrive dans une société construite sur
d'autres principes et mode de pensée que la nôtre, on perd ses repères et le dessin permet d'établir
une relation avec elle. Alors que la photo " vole "
des instantanées de la vie, le dessin s'inscrit dans une
volonté d'échange entre l'artiste et son modèle.
Voyager
en dessinant, c'est créer des situations étranges
et insolites. On rencontre des gens bizarres qu'on n'aurait
pas imaginé voir ailleurs et au fil de ces expériences
avec l'inconnu, les repères vacillent
Nos yeux deviennent
plus propres, nettoyés de toutes les références,
du moins, suffisamment pour entrevoir et partager la réalité
d'une culture.