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Est-ce
qu'il existe un lien entre votre vie de légionnaire et cette
décision de devenir peintre-voyageur ?
Le
régiment des Parachutistes, auquel j'appartenais, était
basé à Calvi en Corse et c'est durant cette période
que la Légion commence à " profiter " de
mes talents. Je réalise diverses publications et je travaille
sur les supports audiovisuels qui servent à l'armée.
Au
bout de sept ans, je me suis dit : " Tu as le choix. Soit,
tu pars pour un autre grand voyage, soit, tu restes dans la Légion
". En 1994, je quitte la Légion.
Avec
toutes mes expériences de dessinateur et de photographe,
je constitue un dossier pour être subventionné afin
de réaliser un " grand voyage". Quand j'étais
encore dans la Légion, j'avais une grande mappemonde et j'avais
tracé une ligne au feutre rouge qui traversait tous les pays
où je voulais aller. J'ai appelé le dossier "
Pour un chemin de la Liberté " et je comptais bien aller
de Paris à Pékin à pied. J'ai finalement
décroché un sponsor et j'ai pris la route.
Je
suis parti avec mes aquarelles et mon appareil photo. Au départ,
j'avais une idée de reportage mais finalement, je ne me suis
pas pris la tête avec tout ça et j'ai essayé
de profiter de mon voyage au jour le jour. Je sortais de la Légion,
alors j'avais besoin de liberté. Pendant un an, je voyage
et je vis comme un vagabond
C'était
un peu le commencement de tout. A l'armée, j'avais les moyens
de faire des choses artistiques mais tout était structuré.
Là, à l'inverse, je mettais en image un monde au présent
non structuré.
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