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On suggère souvent que le succès tient principalement à la destination choisie – ce qui expliquerait qu’a contrario certains très beaux carnets, fruits des errances de voyageurs sous des cieux moins courus, connaissent un succès limité. Pourtant, si le Kaïlash est une destination fréquentée, on ne saurait compter les pélerins hindous dans les statistiques du tourisme de masse… Aux dires de Ségolène Marbach, qui a édité les carnets pour Glénat, seule l’édition du premier titre sur Compostelle était calculée, avec l’existence avérée d’un énorme public de marcheurs. Pour les autres projets, aucune règle éditoriale précise n’avait été définie, sauf celle consistant à ne prendre que des carnets s’appuyant sur des expériences approfondies dans un pays (séjours au long cours, voyages humanitaires…). En cela, l’éditeur grenoblois restait fidèle à sa ligne éditoriale générale qui consiste à publier essentiellement des livres sur la mer et la montagne en privilégiant toujours l’aventure sur le tourisme. Aujourd’hui, Ségolène Marbach n’écarte pas la possibilité de publier des coups de cœur qui plairaient conjointement aux quatre autres éditrices mais le scepticisme l’emporte. Même des maisons d’éditions beaucoup plus modestes, dont le carnet de voyage constitue une activité importante voire exclusive, sont en pleine réflexion. Les Presses de la Renaissance qui ont publié les carnets d’Anne Steinlein viennent d’arrêter des projets bien avancés sur lesquels cette maison d’édition avait acheté des droits. Les Editions Belem, spécialisées depuis 3 ans en édition jeunesse avaient parié sur un créneau « jeunes adultes » en adaptant sous forme de carnets de voyage, par un apport de photographies et de dessins, des chroniques du Figaro de l’été 2002 dédiées à 18 grands fleuves du monde. Bien que l’éditeur ait défendu cette collection, démarché les bibliothèques et centres de documentation et changé de diffuseur pour dynamiser ses ventes, il est obligé de suspendre cette année car les trois premiers titres, sur 18 prévus, tirés à 5000 exemplaires, n’ont pas passé le cap des 1000 ventes. Même les éditions Jalan, fondées par trois dessinateurs et deux anciens de Lonely Planet, qui s’étaient fait une spécialité exclusive des carnets de voyage, ne publieront rien cette année.
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