
Page
1 / 5
|
On croyait que la bulle appartenait en propre à la bande dessinée. Or voilà qu’elle a affecté quelques années durant le carnet de voyage : nouvelles collections chez les grands, nouveaux « petits » éditeurs spécialisés, annonces fracassantes, tout le monde semblait faire du carnet de voyage. Gallimard éditait 10 à 15 carnets par an, fruits d’une démarche volontariste de la maison d’édition sous l’impulsion de Pierre Marchand. Le développement de l’édition de carnets de voyage échappait aux règles habituelles du marketing et à son florilège d’études de marché. En ce sens, il évoluait très différemment du secteur très structuré des guides de voyage. Assez simplement, après avoir repéré quelques bons illustrateurs, la maison s’efforçait de couvrir un maximum de destinations clefs du tourisme de masse et les collections de carnets bénéficiaient de partenariats financiers « cadres », avec la Fondation GDF ou avec le Conservatoire du littoral - lequel prévoyait par exemple une trentaine de titres ; Mais ce n’est que récemment que Gallimard semble avoir vraiment fait ses comptes. Et le bilan apparaît très mitigé. Malgré quelques best-sellers, dont les fameux carnets de Titouan Lamazou, les carnets s’avèrent chers à fabriquer et difficiles à vendre dans un marché encombré. Ils sont de plus en plus boudés par les libraires et, au final, coûteux à stocker avec des tirages de 4 à 5000 exemplaires. Les partenariats arrivent à leur terme et pour le coup, même s’il se dit ouvert aux propositions, Gallimard arrête les carnets de voyage. Même son de cloche chez Flammarion. Après 8 ans de présence sur ce « marché », à raison de 4 à 5 carnets par an les meilleures années, 25 titres publiés, des tirages de 8000 exemplaires, malgré quelques réussites éditoriales et commerciales comme les carnets de Florine Hash, Cloé Fontaine ou Fu Ji Tsang, Flammarion a jeté l’éponge il y a deux ans. Il déstocke en soldant ses ouvrages, baissant les prix en librairie de 25 à 9 euros ! Glénat, qui fête cette année les dix ans de la publication des «Carnets de
tempête » de Gildas Flahaut, constate lui aussi que le succès commercial n’est pas au rendez-vous. Alors qu’il publiait 3 ou 4 titres par an, il n’en sortira qu’un seul en 2006 et aucun en 2007. En dix ans, seuls quelques titres ont trouvé leurs lecteurs. Les « Carnets d’un peintre sur le chemin de Compostelle » de Patrick Jaeger, Les « Carnets du Kaïlash » de Simon Allix et Benoit de Vilmorin et le « O Brasil » de Barroux. Le premier, tiré à 4000 exemplaires a même été retiré.
>> suite |