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Depuis quand vous passionnez-vous pour l'alpinisme et la randonnZe en haute montagne?
J'ai abordZ la montagne en 1983 o j'ai fait un stage d'alpinisme avec l'UCPA (^ Pralognan). C'est mon premier contact avec corde et crampons. Je rentrais d'un sZjour d'un an ^ Djibouti, pays dZsertique o il fait trs trs chaud et j'avais envie de montagne et de fra"cheur !
D'où vient cette passion?
J'ai toujours eu une attirance pour les sports dits "à risques" et après avoir gouté au parachutisme et au deltaplane j'ai trouvé ma voie en montagne. Paradoxalement je suis d'une nature plutôt prudente et n'aime pas me faire peur. Je tâche de rester sur un terrain où je me sens bien et où je me fais plaisir. Je ne saurais pas vraiment expliquer d'où vient ce plaisir, je constate simplement qu'il est là ! Il faut croire que lorsqu'on a été en altitude on y laisse quelque chose et qu'ensuite on y retourne éternellement pour le retrouver...

Quelle fut votre première expédition et quel souvenir en gardez-vous?
Après mon 1er stage UCPA j'avais découvert l'existence des premiers organisateurs spécialisées dans le voyage d'aventure comme Allibert. J'avais l'intention de faire un sommet de 6000m. Le hasard a voulu que je rencontre à ce moment-là Bernard Muller et Laurence de la Ferriere. Ils préparaient une des premières expés sur un 8000m proposées à des clients. Je me suis laissée séduire par ce projet et le Gasherbrum 2 (un 8000m au Pakistan) fut donc ma première expédition en haute altitude. Je n'ai pas atteint le sommet mais cette expérience fut pour moi une révélation. J'étais conquise par l'altitude et ai ensuite enchaîné de nombreux sommets de 5000, 6000 et 7000m. (L'altitude la plus élevée que j'ai pu atteindre est de 7500m sur le Muztagh Ata un sommet en Chine).
Qu'avez-vous appris lors de vos diverses expéditions?
J'ai acquis surtout de l'expérience. En particulier l'expérience de l'altitude qui reste un domaine à part très difficile à décrire où à transmettre à ceux qui n'ont jamais dépassé l'altitude du Mont Blanc.
Que ressentez-vous lorsque vous avez atteint le sommet après des jours de galère?
L'arrivée au sommet n'est pas toujours le moment libérateur que l'on pourrait imaginer, car il faut encore redescendre. Ca n'est gagné que si l'on est à nouveau au camp de base et que tout s'est bien passé. Ceci-dit sur certains sommets où les conditions étaient particulièrement bonnes j'ai ressenti un immense bonheur en arrivant au sommet. Ce fut le cas par exemple au Mac Kinley, à l'Aconcagua ou encore au Huascaran. Il m'est arrivé souvent sur les derniers mètres vers le sommet d'être subjuguée par l'émotion et de verser de chaudes larmes de bonheur.

Quel conseil donneriez-vous à ceux qui voudraient se lancer à l'assaut des plus hauts sommets du monde?
Le conseil majeur est celui de la modestie. La montagne est belle mais l'homme est petit devant elle et seule une attitude de prudence réfléchie lui permettra d'en fouler le sommet. Il faut savoir prendre le temps nécéssaire à une bonne acclimatation. D'autre part il faut un bon entraînement physique en endurance. Si on est bien entraîné on souffre moins et on tient plus longtemps. Une expé dure au moins 3 semaines et si on est sur les rotules au bout de 15 jours on n'ira pas au sommet... Au débutant qui n'a fait "que" le Mont Blanc je conseille de faire d'abord un 6000m pour voir s'il s'adapte à l'altitude avant de tenter un 7000m ou 8000m. En effet il semble que nous ne soyons pas égaux devant les effets de l'altitude et certaines personnes s'adaptent mieux que d'autres.


Quel est votre prochain projet?

Depuis 1998, annZe o j'ai traversZ le Groenland, je suis fascinZe par les rZgions polaires. Je viens de rentrer d'un raid en Terre de Baffin (Nunavut-Canada) et c'est vers ces contrZes polaires que j'ai envie de retourner. Spitzberg, les PTles, les rves ne manquent pas .... le reste est une question de finances et de congZs !