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Le festival de Tankavaara
La fête des chercheurs d'or en Laponie

A 350 km au nord du cercle polaire arctique, au milieu de la Laponie finlandaise,
des chercheurs d'or creusent encore la terre à la découverte des fameuses pépites. Voyage au rythme de la fièvre de l'or.

Tankavaara est un petit village perdu au milieu des grandes forêts du Grand Nord, à plus de 1200 km au nord d'Helsinki. C'est ici que se déroule la fête annuelle des chercheurs d'or, au début du mois d'août. Nous nous retrouvons en plein décor de western américain ! Baraques en bois, Saloon, vieille locomotive à vapeur... Tous est là pour recréer l'ambiance de la ruée vers l'or qui a eu lieu il y a 80 ans, lorsque la première pépite fut découverte sur le site.

Finlande On nous présente le patron des lieux et organisateur de la fête, Kauko Launonen. La cinquantaine, il est habillé comme au début du siècle : salopette, grand chapeau de feutre, chemise à carreau et gilet de cuir. Il arbore une barbe grisonnante qui cache un sourire timide. Il nous explique que l'or de Tankavaara vient de la rivière Hopiahoja (" ruisseau d'argent ").

L'histoire du site débute en 1936, lorsque Aslak Peltovuoma trouva de l'or pour la première fois. De nombreux chercheurs d'or prospectèrent alors la région, et le site devînt célèbre. Ce petit village accueille chaque année depuis 1974 les championnats nationaux d'orpaillage qui permettent de perpétuer l'histoire et les traditions des orpailleurs.

C'est le plus grand rassemblement de chercheurs d'or en Finlande.

On raconte que la plus grosse pépite découverte sur le site pesait 39,6 grammes. Elle fut trouvée par un enfant de 11 ans qui acheta une moto avec l'argent de la vente !

Il nous indique un coin pour poser notre tente. Le lendemain, nous assistons à un flot ininterrompu de 4x4, de vieilles bagnoles tirant péniblement leur caravane, de campings-cars... Au total, 300 participants et plus de 1000 spectateurs débarquent, montent leurs tentes, s'embrassent, le tout dans un charivari ahurissant !

Nous rencontrons Kasper, un allemand géologue, passionné par l'or et les pierres précieuses, qui vit entre la Laponie, le Sud de la France et les Alpes. Il nous raconte l'histoire de cette ruée vers l'or.
Pépite
Une pépite d'or

L'épopée commence en 1868 quand Johan Conrad Lihr, un ingénieur des mines, a trouvé la première pépite sur les rives de la rivière Ivalo. Cette découverte déclencha à l'époque une ruée vers l'or, qui restera cependant de taille modeste par rapport à celle que vécurent les colons d'Amérique du Nord.

Yrjö Yrjö
Au début du 20° siècle, de nombreuses compagnies minières furent crées pour se charger de la prospection de l'or dans la région et la mécanisation fut introduite. C'est à cette époque que fut découverte la plus grosse pépite de l'histoire finlandaise qui pesait la bagatelle de 394 grammes !

Malheureusement, ces entreprises fermèrent leurs portes les unes après les autres et rares sont celles qui ont survécu à la faillite après seulement quelques années d'activité. On trouvait effectivement de l'or, mais pas suffisamment pour faire survivre une activité minière moderne.

Cependant, la prospection de l'or a continué pendant les années 1940 et 1950, animée par une poignée de passionnés dans la région du Lemenjoki, à l'extrême nord de la Laponie finlandaise. Dans les années 80, une nouvelle ruée vers l'or vit le jour.

Motivés par une augmentation du prix de l'or, de nombreux pionniers ont pris le chemin des mines avec l'espoir de devenir riches.

Des concessions furent crées le long des rivières de la région. Ce sont des lopins de terre qui sont louées au gouvernement pour une bouchée de pain. Pendant la durée de la location, le prospecteur devient propriétaire de tout ce qu'il trouve.

Rapidement les filons se sont épuisés et rares sont ceux qui aujourd'hui vivent exclusivement de la prospection. C'est plus un style de vie quasi ermite qui animent ces descendants des premiers pionniers. Ils passent leurs étés dans une petite cabane construite sur le terrain de leur concession et l'hiver, ils descendent plus au Sud où les attend un emploi " ordinaire ".
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