Istanbul
: premières bouffées d'Orient
Nous
quittons l'Europe. Enfin !
Par
Laurent et Philippe
Kilomètres
parcourus : 20800
Nombre de jours de voyage : 112
La
Bulgarie à travers la vitre
Nous
reprenons la route plein sud et nous traversons la Bulgarie
d'une traite du Nord au Sud. Après la côte,
une route en lacet monte à travers des forêts
de pins et de bouleaux jusqu'au poste frontière.
" Bienvenue en Turquie ", nous disent-ils, leurs
visages barrés d'un énorme sourire. Il est 11
heures du soir et ils s'en foutent. On nous questionne gentiment
sur la voiture, les routes, notre itinéraire. Nous
sentons que nous passons dans un autre monde. Celui de la
gentillesse simple et spontanée." Meraba ! "
Epuisé
par mon tour de conduite, je me suis endormi à l'arrière
de la voiture pendant que Laurent et Xavier ont pris la tête
des opérations.
Réveil cotonneux, mal de crâne, début
de torticolis en sortant à moitié endormi dans
le premier village turc que nous atteignons. Le décor
est planté , la transition est brutale et douce à
la fois car nous l'attendons depuis longtemps : une place
faiblement éclairée par quelques lampadaires,
la mosquée de grosses pierres blanches, le minaret,
les coupoles, 3-4 vendeurs de Doner-Kebabs, lueurs des lampes
à pétrole de leurs carrioles, odeurs fortes
des brochettes d'agneaux et des köfte qui cuisent doucement.
Il est presque minuit et pourtant la place est encore pleine
de vie. Ce n'est pas l'émulation de la journée
mais à chaque coin des types assis sur des petits tabourets
sirotent le çay, discutent doucement, jouent au tavla,
fument le narguilé.
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L'Islam
est bien là !
Pris
d'une énorme fringale, nous tentons de demander 3 kebabs
avec les quelques mots turcs que l'on vient d'apprendre dans
la voiture en lisant le guide :" Outch kebab lütfen
?
" Accoudés à la carriole, nous dévorons
nos demi-batards débordant de lichettes d'agneau grillé,
d'oignon et de tomates en sirotant un petite bière.
" Le bonheur si je veux ! "
Notre sentiment de bien-être est tel que l'on n'en a
même pas remarqué que la vie calme qui règne
sur cette place est en fait exclusivement masculine. Pas
une femme à l'horizon. L'Islam est bien là.
Une
bagnole de flics débarque. Ils nous demandent ce que
nous faisons, d'où nous arrivons... Ils leurs faudra
une bonne vingtaine de minutes avant de nous faire comprendre
qu'il est mal vu de boire de l'alcool dans la rue. Nous
quittons la place, un peu cons, et finissons tranquillement
nos bouteilles à l'écart.
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Byzance, Constantinople, Istanbul...
Le
lendemain, après une nuit sous la tente dans le
premier chemin trouvé à la sortie du village,
nous faisons notre entrée dans Istanbul en milieu d'après-midi.
Concert de Klaxons et de queues de poisson, fourmilière
de vendeurs à la criée au milieu du quartier
du grand bazar. La voiture ne passe pas inaperçue dans
ce capharnaüm. Regards ébahis noir olive, volte
face de visages voilés, arrêt dans leurs courses
des porteurs de matelas et autres sacs bourrés d'épices.
" Regardez ", crie Xavier " on nous prend en
photo !! "
L'endroit grouille de types qui trimbalent à moitié
en courant des étoffes, des cartons, des bidons...
Certains boivent le çay sur de petits tabourets, d'autres
cherchent le client en attendant sur le pas de leur boutique.
J'adore cette nonchalance affichée. Et ces regards
tendres qu'ils envoient aux européens, avec un petit
sourire moqueur.
Nous
avalons nos premières brochettes d'une longue série,
avec des légumes aux épices. Et le traditionnel
çay. Nous passons l'après-midi à déambuler
dans les rues adjacentes au Bazar. Mes yeux s'éparpillent
sur ces multiples détails qui font de ces villes des
endroits passionnants. Cette foule, de nouveau, m'entoure
et m'intègre. Je ressens ce même sentiment
qu'en Asie. Je suis estomaqué par la gentillesse des
turcs. Je crois que c'est le peuple le plus accueillant
que j'ai connu lors de mes voyages. Toujours un sourire, une
tape dans le dos, une poignée de main. Jamais un geste
d'énervement. Tout est toujours plus ou moins sur le
ton de la déconnade. Joueurs et toujours à l'affût
d'une connerie à faire, on a quelquefois l'impression
de se retrouver dans une cour d'école. Mais le contact
reste avant tout celui des hommes. Les femmes, quelquefois
voilées, souvent la tête couverte d'un châle,
ne sont pas vraiment encore dans notre univers.
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L'Asie nous nargue
Nous
débarquons chez Bertrand, un pote de Xavier, coopérant
depuis 10 mois. Il nous ouvre la porte avec un énorme
sourire. " Bienvenue sur le Bosphore ! Suivez moi sur la
terrasse... " Nous jetons nos affaires et nous précipitons
là-haut. Vue superbe sur le détroit, avec l'Asie,
en face, qui nous nargue... L'appartement étant situé
du côté de Taksim, nous découvrons les différents
quartiers de la ville. En face, le palais de Topkapi, Haya
Sofia, la Mosquée bleue. Puis sur la droite, la Mosquée
de Soliman le magnifique, puis toute la Corne d'Or.
L'air
est doux, une brise de 25 degrés nous caresse sur la
terrasse et Istanbul illuminée nous accueille de la
plus belle manière. Nous sommes déjà
tombés sous le charme.
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©Xavier
Ponson, Laurent Granier et Philippe Lansac- Tous droits réservés
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Interdiction de reproduction sans l'autorisation des auteurs.
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