Bucarest
: le Danube si je veux !
Entre
folie des grandeurs et petit Paris
Kilomètres
parcourus : 20 000
Nombre de jours de voyage : 110
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Une
fois encore, la Roumanie nous surprend. C'est maintenant
au tour de sa capitale : Bucarest. De superbes marronniers
offre leur ombre aux larges avenues qui partent en étoile
de la place du Gouvernement. De nombreuses villas et autres
hôtels particuliers du siècle dernier les bordent,
témoignant d'une belle époque où un des
quartiers de la ville avait même été baptisé
le " petit Paris ". L'université, le théâtre,
la bibliothèque nationale, tout rappelle Vienne et son
Ring. Nous sommes ici bel et bien en Europe. L'impression d'une
Roumanie en fort développement que nous avions eu tout
au long de la route depuis la Bucovine, est ici confirmée
au centuple.
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La
Gouge et son " Appartobar "
Clara,
la directrice du centre culturel français nous ouvre
les portes de sa garçonnière.
Puis ce sera ou tour d'Olivier, dit " La Gouge ",
coopérant à l'ambassade, de nous ouvrir la double
porte qui donne sur son " Appartobar ".
Concept tout nouveau pour la capitale. Dans une rue étroite,
mal éclairée, un immeuble défraîchi.
Une cage d'escalier centenaire, défoncée avec
un petit ascenseur qui peine sous le poids. Une porte avec
un verrou à six tours et nous rentrons dans une pièce
où trône un bar.
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| Quelques
bougies, un drapeau breton, un grand canapé, et des bouteilles
de Ricard, whisky et vodka. A droite, dans la cuisine, des caisses
de bière à côté du frigo. J'ai l'impression
d'être dans un troquet d'un petit port breton, entre Brest
et Saint Malo. La Gouge, dressé derrière le
zinc, du haut de ses 1m 90, fait l'animation à coup de
" Si tu crois qu'on va pas prendre l'appéro "
ou " Si tu crois qu'on va pas se bourrer la gueule "...
On picole, on se raconte nos histoires. Petit voyage en métropole...
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Les
folies du Génie des Carpates
Nous passons le week-end dans
les bars et boites de la capitale, visitons le palais titanesque
de Ceauêescu et découvrons les petites rues en
damier du centre.
Par la folie de Ceauêescu, la ville s'est fait saccagée
par parties. L'avenue " Victoire du socialisme ",
qui mesure deux mètres de plus en largeur que Les Champs
Elysées, comme le voulait le " Génie des
Carpates " a été construite en face du
Palais du Peuple.
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Et
à grands frais : 40% du PIB du pays englouti, 30 monastères
détruits et 13 quartiers anéantis, les plus
anciens. Certains monastères ont été
déplacés et cachés du regard du couple
d'hallucinés, plantés entre deux tours de bétons.
Reste de ces programmes des terrains vagues où traînent
des chiens errants, des grues, des tours à peine terminées...
Quartiers orphelins de leurs histoires.
Les Roumains semblent avoir gardé de cette période
un fatalisme sans borne. Ils cherchent à croire de
nouveau dans un avenir prometteur. L'Europe n'est pas si loin...
Nous
reprenons la route plein sud, traversons la Bulgarie d'une
traite et rejoignons Istanbul sous le soleil.
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