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Dracula, dit l'Empaleur
Nous
repartons plein sud en direction de la Transylvanie, région
des ville-citadelles et de la famille Dracula. Vlad £epeê,
dit l'Empaleur, est à l'origine du personnage et n'a
pas grand chose à voir avec lui. C'était
un héros de la résistance anti-turque et il
utilisait des méthodes peu recommandables et cruelles
contre ses adversaires ottomans ou autres. Sa réputation
lui valut le surnom de Dracul, qui veut dire dragon et diable
en vieux roumain. Ce prince finit maudit et décapité.
C'est l'écrivain irlandais Bram Stoker qui s'est
inspiré de ce personnage et des divers délires
vampiristes d'Europe Centrale pour créer son personnage.
Nous voila donc sur ses traces et on comprend assez bien que
les citadelles de la région ait pu inspirer une telle
histoire...
Ces
citadelles saxonnes ont été construite par des
allemands, qui ont débarqué en Transylvanie
à partir du 12° Siècle, à la
demande des rois de Hongrie, soucieux de peupler les marches
de leur royaume et de contrarier les raids des turcs et des
tatars. L'histoire veut que dans les années 90,
un exode massif s'est produit, car les saxons étaient
suspectés de complaisance avec les nazis durant la
guerre. Ainsi, dès 1945, les colons ont été
les victimes d'un traitement de faveur : Sibérie, tendance
goulag, exécution de type sommaire et confiscations.
Puis le régime en laissa une partie revenir en RFA,
moyennant une contrepartie.
Frau
Dotz
A Viêcri, je me retrouve
emballé par le charme étrange du lieu. Le style
des maisons semble avoir été totalement importé
de Bavière ou de Tchéquie... La voiture balance
sur l'unique route du village entre ornières, cailloux
et les oies qui courent en tous sens. J'ai l'impression
d'être dans un autre temps. Ce village semble avoir
été figé pendant des années dans
la glace avec ces maisons aux façades de couleurs délavés,
ses poiriers tordus, son silence presque pesant. Nous
demandons comment visiter la forteresse. On nous réponds
en allemand de trouver Frau Dotz. Après avoir frapper
à plusieurs portes, nous la trouvons enfin. Elle me
raconte là encore dans le plus parfait allemand que
ce village était encore composé de 300 allemands
avant la révolution de 89. Aujourd'hui il n'en reste
plus que 35. Tous les autres sont retournés dans la
patrie natale, le droit du sang leur permettant de récupérer
la nationalité allemande. Il reste donc quelques
roumains et des Zigeuners, pour lesquels elle ne semble pas
avoir la moindre estime. La ségrégation des
Roms n'est pas une légende. Très gentille,
elle nous laisse les clés de la citadelle et nous propose
même de planter la tente dans le parc.
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La
lumière commence à faiblir lorsque nous rentrons
par l'immense portail. Du fond de la nef de l'église
située au centre des remparts, nous grimpons à
tâtons dans la plus grande obscurité l'escalier
escarpé du clocher.
A l'approche du sommet l'ambiance est digne d'un film d'Hitchcock.
Nous slalomons entre des échafaudage de bois, les mécanismes
de la grande horloge. Un vieille échelle croulante
mène au point culminant. Le panorama est magique.
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