Mail du 13 janvier 2000

Du Milieu de l'Himalaya
Bye, bye,
C'est ainsi que nous saluent toujours les enfants népalais le long des routes. Qu'ils s'amusent dessus ou qu'ils soient perdus dans les champs ou derrière leur maison, ils nous voient de loin et c'est toujours pleins d'enthousiasme qu'ils agitent leur main. C'est touchant et même le soir apres une journée harassante, nous tentons de leur répondre à chaque fois ou de leur apprendre "bonjour".
Apres 15 jours de trains (toujours en retard) ou de bus (toujours inconfortables) à voyager à travers le Rajasthan et l'Uttar Pradesh, nous avons repris nos montures. Ces deux semaines en compagnie de deux charmantes amies, Pauline et Véronique venues tout exprès pour nous dorloter, nous ont conduit à visiter Jaipur, la ville rose, Jaiselmer, au milieu du désert et Jodhpur, la ville bleue ou nous avons passe Noël dans un ashram de lépreux. Les enfants semblaient ravis des deux jours que nous avons passés avec eux et nous avons été enchantés de la soirée passée à chanter avec tous les habitants de l'ashram.
Nous avons ensuite file vers Agra et son plus que célèbre Taj Mahal et certains ont pousse jusque Varanasi (Bénarès) pour terminer ce tour exaltant et riche en découvertes.
La nuit de la saint Sylvestre fut éprouvante: nous avions les yeux fixes sur nos compteurs de vélos pour voir s'ils tenaient le passage a l'an 2000. Une fois rassurés, nous avons pu entamer la Chartreuse, et nous régaler de fromage, saucisson, foie gras et Sauternes, amenés spécialement pour nous de France. Une fois seuls (snif) nous avons pour reprendre courage enfourche aussitôt nos vélos.
Trois jours nous ont suffi à travers la grisaille et la vague de froid hors norme qui enveloppait tout le Nord de l'Inde pour atteindre la frontière népalaise. Le passage de la frontière fut amusant : 2 kilomètres de sentier forestier pour traverser le noman's land, puis un poste d'immigration fermé. Nous entrons au Népal sans tampon ni vérification de passeport. Nous reviendrons le lendemain pour cela!
Le changement se veut marquant: nous avançons nos montres de 15 minutes pour bien marquer la différence... Les visages deviennent plus ronds et les yeux plus bridés. Nous traversons de grandes forêts - ça faisait longtemps - avec des biches, des paons et même des crocodiles le long des rivières. Nous avons de la chance: la route vient d'être refaite (l'an dernier) grâce à des aides indiennes.
C'est surprenant de constater le niveau d'anglais des enfants ici: l'enseignement privé, en anglais, est d'un bon niveau et très répandu. La nourriture se résume a un plat unique, midi et soir, le dal baht: riz et lentilles à volonté. Nous apprécions encore après une semaine, mais combien de temps tiendrons-nous à ce régime?
Nous voici désormais à Pokhara, à coté des plus belles montagnes du monde: les plus hauts pics himalayens. Nous nous sentons un peu perdus au milieu de tous ces touristes, trekkeurs ou hippies des années 00...
Nous y laissons nos vélos pour aller voir de plus près ce formidable sommet que l'on voit d'ici: nous partons demain pour une semaine de trek qui va nous mener jusqu'a Jomson, en faisant une partie du tour de l'Anapurna.
Une randonnée classique qui va nous permettre d'avancer le dos droit, sans craindre les cahots incessants des mauvaises routes de montagnes qui nous ont menés jusqu'ici. La marche: nouveau plaisir bien plus qu'une nouvelle torture!
Et si pendant notre tour de l'Anapurna vous alliez faire un tour sur notre site ? (plein de photos évocatrices au milieu de nos récits passionnants...!)
Antoine et Christophe
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