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Chroniques des Petits Petits en Europe Orientale
Sommaire des chroniques des Petits Petits.
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Illustrations/Photographie : François Saint Remy • Chronique : Patrick Marega • Assistance à la chronique : Marc Viseur

Petits Petits à Tbilissi



L’industrie lourde m’a accompagné jusqu’ici. Du port de Trieste aux structures du Bosphore, de la cote de la Mer Noire aux chantiers de Tbilissi. Des voitures cassées et gâtées au bord de la route de Izmit à Samsun, de Trabzon à la frontière turco-géorgienne… Le manque d’ordre et de moyens pour recycler toutes ces montagnes de ferraille ‘emphatise’ cette odyssée d’usines orientales. Mais c’est surtout au Caucase que l’héritage hallucinant soviétique de fer, rouille et grisaille se fixe sur nos photos en blanc et noir. Des wagons, des murs destroy, des bus et des trams. Il y a la volonté d’un avenir et l’urgence du développement qui reposeront aussi sur les matières et ressources de la terre et sur l’activité des industries mécaniques et métallurgiques. Et ce sont seulement des résistances puisque la majorité des personnes travaillant dans les usines a perdu son poste. Le chômage et des bâtiments tombés en désuétude sont une réalité de nouveaux pays indépendants caucasiens. Le plaisir de la photographie industrielle laisse la place aux drames humains du changement.
Dans toute cette agression matérielle, François s’est coupé les cheveux, Marc et Klaus la barbe, moi la langue. Je suis devenu plus silencieux ces derniers jours. La ‘malédiction de l’écrivain muet’ tombe sur moi. Je m’en rend compte mais je sens aussi qu’il s’agit d’un moment important. Ça se passe quand on comprend suffisamment la situation dans laquelle on se trouve et on agit. On se cherche. On a établi une sorte de balance avec des personnes qui, comme toi, sont en train de créer un espace à l’intérieur d’un événement qui, pour son énergie, les surprend de plus en plus chaque jour. La découverte la plus agréable, c’est que cet événement-là ne peut pas survivre sans nous tous. Mais peut-être rien n’est vrai, c’est le projet qui procède indépendamment. Mais disons alors que c’est beau d’y croire… l’ensemble…nous qui on arrive. Notre industrie se propose légère mais hurle fort dans les bâtiments en équilibre instable de l’Europe Orientale. Les grandes structures ne nous font pas peur. Nous aussi on utilise de structures en fer, éléments d’échafaudage et de bois mal pentu pour nos représentations. L’entrée des Petits dans les différents théâtre, c’est toujours une marche de matières premières, de mineurs, d’ouvriers : 7 minutes sur le fer…

 

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