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Chroniques
des Petits
Petits en Europe Orientale
Sommaire
des chroniques des Petits Petits.
Illustrations/Photographie
: François Saint Remy Chronique : Patrick Marega
Petits
Petits de Paris à Tbilissi
12/20 mars

A
lexcellent Hôtel Sputnik, un dîner digne
dune cour romaine. A table on lève les verres
chaque trente secondes en compagnie de Nugzar Ergemlidze,
chanteur très populaire en Géorgie, Levan
Rezo Mirtskhulava, vice-président de lInstitut
dArt et Directeur du Théâtre de Batumi
et beaucoup dautres personnes. Dominique Dolmieu est
officiellement déclare le Christophe Colombe
du Caucase . Lalcool se mélange à
la voix de Tamuna et à la musique de deux residents,
têtes fin années soixante. On termine à
cinq heures du matin. Réveil à 10 heures moins
le quart.

Batumi
- toast à lAlbanie
20 Mars 2001 Batumi-Tbilissi
Programme : Théâtre national de Batumi. Université
détat (édifice restauré). Rencontre
avec les étudiants de la faculté de langues.
Représentation au kindergarden du théâtre
national (laboratoire théâtral pour les jeunes)
par Katerina, David, Georg, les trois comédiens de
Batumi qui se joindront aux Petits et qui interprètent
une pièce de jalousie. Très beau, très
bien mais aussi beaucoup de retard dans notre programme. En
effet, à Tbilissi on nous attend à sept heures
du soir pour assister à une représentation théâtrale
et une conférence de presse avec deux ministres.
Deux mouettes dansent dans lair. Le bar Marseille
face aux chantiers portuaires. Ils nous ont dit, on sera escortés
par la police. Un officier nous anticipe en bagnole.
Kobulet, la ville des vaches qui marchent. Pour quelques minutes
on établit le lien spirituel entre Caucase et Balkans.
Les monténégrins, un albanais et même
un triestin entrent et participent a la messe dune petite
église orthodoxe. Marc et Bruno roulent une cigarette
au petit bar voisin, un compagnie de lofficier de police
que nous ouvrira la route. Marc mannonce navoir
fait seulement que 39 km depuis ce matin. Et la route pour
Tbilissi, assez mauvaise pour notre mammouth rouge, est encore
longue. Après le check point de police aux portes de
la ville, un paysage vaste et glorieux souvre à
mes yeux. La chaîne de hautes montagnes caucasiennes
domines de là-bas une plaine puissant. Les vaches sont
omniprésentes. Un bois introduit une autre plaine où
des chevaux mangent, surveillés par des corbeaux et
des rapaces dont je ne reconnais pas lespèce.
Une colline et des maisons aux mille fenêtres.
Après lAdjarie, il fait noir et, apparemment,
le policier descorte est disparu. Une pompe à
essence pour acheter des gâteaux. Des militaires demandent,
insistent, des cigarettes.
Un arrêt dans le middle of nowhere pour le relève
de garde des chauffeurs. Des mitraillettes entourent le bus
et, grâce à dieu cest la police. Ils nous
recommandent de ne plus sarrêter et de rouler
vite jusquà Tbilissi. Cest pas confortable
vu les articles sur la présence mafieuse dans létat
et la prolifération de bandes armées dans certaines
zones. Deux voitures en face roulent lentement. Peacekeeping
theatre, Dominique!!! On les passe. Cest bon. Cinq minutes
après une autre, un Niva blanc, attitude différente
voir dangereuse. Peut-être je pourrais profiter de la
situation et embrasser fort la douce Mélanie en proie
du danger, proche de moi dans cette prétempête.
La Lada ralentit à hauteur du bus, ils nous dépassent
pour sarrêter à droite. Marc a un demi-seconde
pour penser. Il accélère. On est en fuite.
Ils nous suivent. Ils nous doublent. La fenêtre de droite
se baisse. De lobscurité quelque chose sort.
Un cri de la liberté se jette sur le bus Dominique,
Dominique stop, stop !!! . Cest la voix de Otar,
collègue de Tbilissi. Le dieu des artistes veille.
Ca y est. End of nightmare.
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