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Chroniques des Petits Petits en Europe Orientale
Sommaire des chroniques des petits Petits


Illustrations/Photographie : François Saint Remy • Chronique : Patrick Marega

Petits Petits à Yerevan

Départ pour l’Arménie, grande inconnue.

Je voyage dans un mysticisme obligé. Silencieux. La pièce proposée par les artistes arméniens à Tbilissi m’a entouré d’esprits d’un passé fantasmagorique qui parlent et règlent les pas maladroits des êtres humains. Rendez-vous donc à la Place de la République de Yerevan : face au palais du gouvernement, la Croix, carrefour iconoclaste de la vie et de la mort. On aura donc les mains libres pour notre calvaire d’espoir. Pour le 2001, l’Arménie fête l’anniversaire de 1700 années de christianisme. Mais, si j’interprète bien les mots de Edik Ghazarian, pantomime arménien, sans aucune prétention :

Toute chose, pour la réaliser, pour qu’elle vive, on doit la faire avec l’amour
Toute œuvre sans amour est morte, est nuisible
Toute chose vit et respire avec l’amour


Je pense à une amie Papazian de Saint Francisco, à un ami Sukiassian en Italie, des ‘ian’s que j’ai connu au cours de ma vie et qui m’ont mis à jour sur la diaspora arménienne. Un pays qui voyage donc mais qui a surtout dû le faire. C’est au début du dernier siècle que l’Arménie a été victime d’un génocide aux proportions étonnantes. Le parlement français vient de reconnaître les responsabilités de la Turquie de ces temps-là. Ce n’est pas bon pour nous, facilement jugés instruments de propagande.
Le mont Ararat, symbole de la mythologie arménienne, et aujourd’hui en territoire turc, veille silencieux sur Yerevan sussurant des solutions pour une nouvelle présence internationale du pays arménien. Mais les très mauvaises relations avec le voisin turc ne sont pas les seuls obstacles. L’Azerbaïdjan aussi représente un élément de tension permanente à cause de la dispute pour la province du Karabakh. Des propositions d’échanges territoriaux, notamment de matrice américaine, jusqu’à présent n’ont abouti à rien. Un conflit en cours et des attentats dramatiques comme celui d’octobre 99 qui a vu le meurtre de huit députés, Premier Ministre inclus, par cinq hommes armés qui sont entrés dans le parlement de Yerevan, racontent les difficultés pour un voisinage constructif dans cette zone du Caucase du sud. Scènes de Far West.
L’Arménie est devenue nouveau membre du Conseil de l’Europe le 25 janvier dernier : sur la table l’abrogation de la peine de mort, la stabilité politique, le dialogue et la démocratie authentique et, plus loin, l’Union Européenne. A voir. A voir aussi la correcte intégration dans l’enjeu international du patrimoine culturel arménien.



Dominique

Petits Petits en Europe Orientale c’est un projet qui dans le Caucase a vécu et vit de toute cette diplomatie en péril…Bakou, départ idéal du projet n’a pas pu aboutir à cause du manque de moyens et du soutien nécessaire par les autorités nationales. Ankara a mis le veto sur une possible performance du projet à Istanbul. Ce sont tous des défis mais « on ne peut pas faire du théâtre sans politique », dit Dominique. Mère Arménie, la statue noire, nous attend à Yerevan avec son épée. On ne forcera pas les choses donc !
« Si je n’étais pas tolérante, je ne me trouverais pas ici », Camille, Relations Publiques, Paris

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