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Jodhpur, Rajasthan, 27 octobre 2000

"HAPPY DIWALI !"

"Happy Diwali !" L'Inde aime tellement son Festival des lumières qu'elle le fait durer cinq jours. Petit compte-rendu avec des boules-quies depuis Jodhpur, au cœur du Rajasthan.

Diwali est, comme Holi, l'une des fêtes les plus importantes du calendrier hindou. Liée au Ramayana (l'une des deux grandes épopées indiennes), elle célèbre le retour au bercail de Rama, modèle du héros vertueux, et de sa belle épouse Sita.

Pour accueillir dignement ces divins personnages, l'Inde se doit d'être belles. Quelques jours de congés permettent de préparer l'évènement. A Jodhpur, on repasse une couche de bleu sur les maisons centenaires de la vieille ville. Bleu comme la peau de Vishnu et de ses avatars, Rama et Krishna. Bleu comme l'azur, pour tromper les moustiques. De loin, la cité rappelle le Nord du Maroc, Tétouan ou Larache. Une roche formidable, surnommée "the éléphant rock", sert de piédestal à l'inexpugnable Meherangarh Fort.

Au début, tout parait normal au pied de la forteresse. Le laitier fait sa tournée matinale à moto. On discute politique sur le perron des maisons. Les vaches sacrées se vautrent dans les ruelles en se gavant de papier journal. Mais dans les rues commerçantes, la fièvre monte. Les tailleurs mettent la dernière main à de magnifiques habits brodés d'or. Vite, on fait le plein de sucreries, d'icônes, de fleurs, de pistaches et, surtout, de pétards. Pétards-mitraillette, inoffensifs "Tom-Pouce", terrifiants pétards bisons, chandelles, fusées sifflantes, mortiers. Tout l'arsenal du casseur d'oreilles est en vente libre. Cela promet !

Diwali, pour les mauvaises langues, est devenu le festival du bruit et de la pollution. La controverse parait enfler d'année en année. A Delhi comme a Bangalore, les étudiants ont juré de ne plus allumer la mèche. Par respect pour l'environnement. Pour lutter contre le travail des enfants. Par décence envers les plus pauvres. Leur mot d'ordre n'est pas arrivé jusqu'a Jodhpur.

Le grand soir (26 octobre), la vieille ville connaît d'abord une heure de pure magie. Les femmes sortent des maisons, les bras chargés de plateaux de chandelles (les "diyas"). Elles ont revêtu leur plus beau sari et les bijoux les plus lourds. Bientôt, des centaines de bougies illuminent les façades, soulignent les balcons et les terrasses. La suite n'est que détonations, fumée et odeur de poudre brûlée... Spectacle de fin de monde depuis les toits.

Le lendemain de la déflagration, tout Jodhpur redescend dans la rue pour se souhaiter un "happy Diwali". On se presse devant les autels dédiés a Lakshmi, déesse de la divinité. Les magasins ont enfin fermé. Le soir venu, le tintamarre reprend. Mais enfin, c'est presque terminé. A l'année prochaine !

Cyrille

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