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LUNDI 28 FEVRIER - BANGKOK
Quelles
belles photos j'allais faire ! Le réveil avait sonné
à 6h30. Je me sentais plutôt en forme après
dix heures de sommeil. Une rapide toilette à l'eau froide,
au 1er étage de l'hôtel Sukpaiboon. J'étais
sur le point d'enfourcher une moto-taxi pour le sanctuaire khmer
de Phanom Rung lorsque cela m'est soudainement revenu : l'endroit
ou j'avais laissé la pochette contenant mes chèques
de voyage... A Bangkok bien sur, dans le "coffre" de la
guesthouse (généralement un simple tiroir fermé
à clef).
Elève
Gecko, vous me ferez sept heures de bus en pénitence et méditerez
l'utilité des revues de paquetage avant chaque départ.
Pas de copine ni de compagnon de voyage chevelu à engueuler.
J'ai bien adressé quelques jurons silencieux à
l'endroit des gestionnaires de la Prasuri GH, mais il fallait
se rendre à l'évidence : j'étais fautif, trois
fois fautif.
Une
heure plus tard, j'étais dans un bus pour Nakhon Ratchasima
(Korat), troisième ville de Thaïlande et capitale officieuse
du nord-est. Trois heures de trajet. De là, on attrape
un bus express pour Bangkok : encore deux heures trente pour parcourir
les 260 km restants... J'ai pris le mauvais bus. Comprendre : j'ai
pris l'omnibus. Deux fois moins cher, trois fois plus longues. Pour
12 francs, on a le temps d'admirer le (vilain) paysage de terres
plates et de poteaux électriques.
Je
suis arrivé à Bangkok peu après 16h00, avec
trois heures de retard et, pour tout repas dans le ventre, un
cachet anti-palu et 20 cl de café glace en boite. Pour
me mortifier jusqu'au bout, le taxi a mis 45 minutes pour parcourir
les 10 km qui séparent la gare routière de Khao San
Road. J'aurais bien aimé en rire, en repensant aux hallucinants
voyages de nuit dans les bus birmans, mais ma patience était
à bout.
On
efface tout. La maudite pochette est à l'abri. Quant à
l'essentiel - passeport, CB, cash, numéros des chèques
-, je ne m'en sépare jamais. Demain, je repars pour l'I-san
(nord-est), ou les bus permettent aussi des rencontres amusantes.
A la
gare routière de Korat, il y a deux jours, j'ai rencontre
Noi, une drôle de fille bavarde et endiablée qui enseigne
l'Anglais, la botanique, la cuisine, la méditation, le judo
et l'aikido (sic). Noi a vécu dix ans à Hong-Kong.
Elle est diplômée de la prestigieuse université
Chulalongkorn de Bangkok et possède un brevet de guide. Nous
nous rendions tous deux à Phimai, une petite ville célèbre
pour son temple khmer antérieur a Angkor Vat (les spécialistes
estiment qu'il lui aurait servi de modèle). Noi s'est occupée
de chaque temps mort de mon emploi du temps : promenade le soir
même dans la ville, dîner chez une amie et ses soeurs,
soirée télé avec traduction simultanée.
Le lendemain, promenade jusqu'au banian géant (350 ans) et
invitation à la kermesse agricole annuelle, avec tombola,
animateur et danseuses dodues en minijupe. Au cours de nos promenades,
Noi, qui est végétarienne, s'ingéniait à
décrocher les feuilles et les "fruits" les plus
divers qu'elle pouvait trouver. Produits qu'elle est parfois parvenue
à me faire goûter (mangoustan). Cela étant,
les deux nuits passées à Phimai ont été
glaciales. La température est tombée brusquement après
la pluie, l'une des premières averses tropicales annonciatrices
de la saison chaude. Pour la première fois depuis sept semaines,
j'ai connu dimanche un jour de mauvais temps.
Merci
pour vos nombreux messages. Bon anniversaire à Laurence et
Sandrine (avec quelques jours de décalage horaire) et tous
mes vux à Isabi.
BBB
(bons baisers de Bangkok). A bientôt depuis Ubon Ratchathani.
Cyrille
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