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Honduras,
le 25 et 28 avril
Mardi 25 Avril
Oh
bel Honduras, tes frontières perdues entre deux routes de
terre m'enchantent ! Terre généreuse, tu sens la mer,
l'herbe coupée et la poussière. Tes routes n'existaient
plus il y a deux ans, aujourd'hui elles existent à peine.
Tu as pris aux grosses et nordiques amériques
leurs bus d'école qui ne laissent pas assez de place à
mes jambes. J'ai le postérieur qui se tanne sur leur sièges
en faux cuir marron.
Mitch (l?ouragan) a détruit tes pont mais la saison des pluies
n'est pas encore là et dans tes lits de rivière, tu
permets aux voitures de passer et aux school-bus aussi.
Tu n'a pas encore mis sur notre chemin les habituels arnaqueurs
qu'on rencontre en voyage. Seuls quelques honduriens ponctuent
notre route en s'improvisant mendiants: "regala me un dollar!"
"fais moi cadeau d'un dollar!".
Tu as choisi pour baptiser cette ville minuscule de ta côte
caraïbe le doux nom d'OMOA.
Tu as conservé ce petit train qui glisse sur les collines
où les bananiers s'étendent à perte de vue.
Mais quelles erreurs aussi, oh bel Honduras de la côte caraïbe!
Pourquoi une fois encore tes honduriens sont-ils si peu attachés
à leur pays qu'ils jettent inconsidérément
leurs ordures sur les flancs blancs de tes plages?
Pourquoi as tu permis aux américains de prendre le contrôle
de tes vertes bananeraies?
Pourquoi tes honduriens ne pensent-ils qu'à bouffer et qu'à
boire du Pepsi Cola?
Tu accueilles sur tes terres des hommes plantes qui fument des herbes
et viennent d'on ne sait où.
Aussi tu déposes sur tes herbes vertes des Mary anglaises
avec un anneau planté dans les lèvres de la bouche.
Sam, un canadien qui a franchi le cap de ne plus prendre soin de
lui, qui n'a plus de vie qu'intellectuelle, qui n'a qu'un pantalon,
un short et un jeu d'échec , t'a élu terre de repos
et de miséricorde pour un moment de vie alors qu'il voyage
depuis 4 ans.
Oh, bel Honduras tu m'étonne évidement et tu me plait.
Bientôt, j'irais me " tegucigalper " dans ton
centre et je saurais, bel Honduras si tu es digne d'être mon
ami avec le peu que je visiterai de toi.
Vale!
(on continue, on verra)
Vendredi 28 Avril
Tegucigalpa, Honduras
Les villes sud américaines sont basses. Pas d'immeuble, presqu'aucune
logique dans l'architecture. La vie y est tellement vive qu'elle
en devient insupportable.
Je suis dans un hôtel minable, plus minable que le plus minable
des hôtels français; un hôtel de passe.
Pour arriver à Tégucigalpa il a fallu prendre trois
bus. (deux fois deux heures et une fois cinq heures).
Quel épuisement! Les bus les moins chers sont les plus fatigants.
L'un des trois bus se prétendait directo et de ce fait, était
un peu plus cher.
Pourtant, comme les autres, il prenait des passagers en route mais
avec cette seule différence qu'il ne s'arrêtait presque
pas. Il ralentissait seulement.
J'ai cherché deux heures durant, un cybercafé dans
Tegucigalpa, impossible d'en trouver un; et ne vous avisez pas
de demander aux gens dans la rue; ils n'ont évidement jamais
entendu parler d'Internet.
Je suis en perpétuel effort pour prendre garde à tout:
mon sac quand le bus s'arrête, les accosteurs dans la rue
qui me voient blanc et donc plein de dollars...Il faut aussi
ne pas se tromper de bus. Le Honduras, c'est tellement de confusion
partout!
Un jeune homme à qui je parle dans le bus me dit que c'est
quand même un pays superbe, mais qu'il est en pleine reconstruction
après le passage dévastateur du cyclone Mitch. il
s'étonne de la solidarité que celui-ci fait naître
ce moment difficile et il en est fier.
Quant à moi, j'ai l'impression de rentrer dans un long
endormissement. C'est sans doute ça aussi le voyage.
Benoît
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