|
|
Vendredi
21 Avril,
Guatemala
Un jour de la fin du mois d'avril...de ces jours
où tout ne va pas si bien et pourtant, tout est bien. Nous
sommes partis ce matin des fières brumes du lac Atitlan.
J'ai laissé derrière moi mes cheveux que j'ai coupés
pour 5 quetzals; que dis-je coupés? que j'ai rasés.
Tyry aussi.
Le bateau traverse le petit matin, fend l'eau encore endormie
et ma vie, à cette heure, est là encore belle.
Lac Atitlan- Guatemala city = 2heures
de mini bus (25 quetzals) à travers les montagnes riches
de la partie ouest du pays.
Tout
est bien, pas un nuage dans le ciel du bon dieu, ni dans le mien.
Mais cette quiétude passagère n'existe que sans compter
sur la " semana santa "
(la semaine sainte) qui est là pour tout gâcher.
Tout le Guatemala est en vacance; tous les bus sont pleins.
Une chance: dans cette capitale horrible et dangereuse, nous
trouvons un bus qui va à Puerto Barrios, sur la mer des Caraïbes.
6 heures de bus pour 40 quetzals. Puerto Barrios, c'est l'unique
porte que possède le Guatemala sur la mer des Caraïbes
et c'est surtout de là qu'on part pour Livingston, ex-paradis
terrestre.
6 heures plus tard, nous voilà marchant dans Puerto Barrios
à la recherche de l'embarcadère. Le bateau public
est déjà parti: il est 17 heures.
Nous prenons " una barqua " à 25 quetzals au lieu
de 10 et nous arrivons à Livingston de nuit. Pas de problème,
me dis-je, il nous faut juste trouver un hôtel. "La
Marina" n'est pas accessible à pied et c'est trop tard
pour y aller en bateau. Ceux qui connaissent la Marina mesureront
mon désarroi. Pas de problème... sauf que c'est la
" semana santa " et que tous les hôtels sont pris.
Alors, un individu nous propose de nous trouver une chambre. Un
arnaqueur, me dis-je; j'ai raison. S'ajoute à la chaleur
et à la fatigue, une panne de courrant généralisée...
Finalement nous trouvons un hôtel à 60 quetzals
pour deux et je donne 4 quetzals à l'arnaqueur pour qu'il
nous laisse tranquille.
Ce
qu'il faut savoir sur Livingston:
- Deux mois plus tôt il y a eu un meurtre dans un hôtel
pour routards.
- Ce petit coin de paradis devient un peu moins sûr chaque
année.
- C'est la seule ville du Guatemala où cohabitent des
indiens et des noirs (village Garifuna)
observation
n° 1: les indiens travaillent beaucoup, les noirs beaucoup moins
?
observation n°2: éviter à tout prix Livingston
pendant la semaine sainte.
observation n°3: dorénavant il ne faut surtout pas arriver
dans une ville la nuit, c'est trop dangereux.
Une
courte journée donc, puis nous attendons un bateau pour Puerto
Barrios.
De là, nous irons au Honduras. Sur le bateau qui tousse,
Tyry, qui lui aussi n'a plus de cheveux, fait la rencontre d'un
guatémaltèque de la capitale qui est couturier,
créateur. Il dit, qu'ici, les gens n'achètent pas
guatémaltèque.
Le grand chic c'est les habits et les marques américaines.
Moi, avec mes jambes brûlées par le soleil, je discute
avec un québécoise dont je ne connais même pas
le nom et qui se rend à Léon, au Nicaragua pour travailler
dans un " orphelina ".
J'ai faim. Elle est jolie. Vous ne la verrez pas en photo car je
suis trop timide.
J'ai aussi un coup de soleil sur les avant-bras et la marque de
mes sandales sur les pieds.
Voila pour le Guatemala.
Ce
soir tropical est brûlant. Demain, départ à
5h45 pour le Honduras. Que les guatémaltèques
et leurs sachets en plastique au bord des routes tombent de mon
présent et ne se relèvent jamais.
Vale
(on continue, on verra bien)
Benoît
Page
Lire
la suite des aventures
de Benoît sur son site
ou retourner au sommaire "Correspondants"
|