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Guatemala, le 16 et 17 avril
Dimanche
16 avril
Une journée bien entamée avec 5h30 de bus en deuxième
classe (en 1ere classe le trajet n'est que de trois heures) Palenque-San
Cristobal de las casas. (20 pesos d'économie
Je
suis toujours avec Tyry. Ce voysage en bus est une belle découverte
du Chiapas. C'est dans ce bus-là qui n'en fini pas de
s'arrêter que le Chiapas s'offre vraiment à nous avec
ses indiens et ses poulets.
J'ai mal à mon genoux gauche, celui dans lequel il y a 3
vis.
A San Cristobal, 2200 mètres d'altitude, il y a un nombre
de vrais indiens incroyables.
La température est assez douce; nous décidons de
ne pas manger ce soir pour économiser un peu. Tyry pue
des pieds et mon stylo ne marche plus.
San Cristobal est une ville coloniale espagnole sublime.
Le lendemain à 6 heures du matin. La ville est encore
morte. Seuls quelques ivrognes finissent de cuver leur bière
ou autres alcools indéterminés. C'est étonnant
de voir comme on prend soin des trous au Mexique. Nous prenons un
bus pour Ciudad Cuathemoc, ville mexicaine la plus proche de la
frontière guatémaltèque. De là, ce qu'on
ne peut pas décemment appeler une voiture, nous emmène
à la vraie frontière, la Messilia pour 5 pesos. La
Messilia, c'est sale, bordélique et moche. La barrière
Mexique Guatemala est incroyable et incroyablement marquée.
Plus de goudron sur les routes, des ordures dans les rues et ces
fameux bus guatémaltèques, des blue bird Americains
des années 50. Les guatémaltèques sont très
pieux et leurs bus sont pleins de Sainte Vierge clignotantes et
de crucifix fluorescents qui pendent aux dizaines de rétroviseurs
que compte chaque bus. Le trajet de la Messilia jusqu'à HueHuetenango
est sinueux. On mesure là à quel point le Guatemala
est un pays montagneux. Trois heures plus tard, pleins de poussière,
nous arrivons à la gare routière de Huehuetenango:
Une centaine de bus, une centaine de chauffeurs énervés
et leurs co-pilotse aussi surexcités, plus des dizaine de
klaxons et de cris. Ajoutez à cela des ordures, de la
boue , de la poussière et des ivrognes qui dorment par terre
(encore eux) et vous êtes à la gare routière
de Huehue que je n'ai pas pris en photo, ma caméra reluisante
aurait attiré trop d'oeils et peut être des malveillants.
Une heure plus tard et un gâteau de 1 kilo dans le ventre,
un autre bus nous prend pour nous emmener à Los Encuentros,
un carrefour qui permet d'aller au lac Atitlan et sur ses rivages
mythiques. Le chauffeur de bus est mythique lui aussi. Pour
être allé au Guatemala deux fois dans ma vie, je connais
la conduite nerveuse des chauffeurs de bus mais celui-ci a la palme.
Une seule règle, une seule loi : Doubler coûte que
coûte. Après 20 ou 30 sueurs froides, le but final
est atteint et on se dit que Saint Christophe est puissant. Autre
bus, ( la journée est déjà bien avancée),
autre bus donc pour aller à Solola et Panajachel sur les
bords du lac Atitlan où un taxi bateau nous vole 15 quetzal
pour traverser le lac jusqu'à San Pedro de la laguna, au
pied du volcan San Pedro. Dans ce petit village on cultive le
café. et avec les coques des grains, on fait du composte
(voir photo.) San Pedro c'est aussi la ville où les routards
du monde entier viennent se droguer dur. On y trouve facilement
de l'herbe et de la cocaïne. Dites moi pourquoi les drogués
polluent toujours les plus beaux endroits du monde?
Lundi 17 Avril
San Pedro de la laguna. Dans les odeurs des coques de café
qui pourrissent.
L'hôtel est pris d'assaut dès le matin par ces effluves.
Les pentes du volcan SanPedro sont pleines de caféiers.
Nous partons à San luis de Atitlan, à quelques kilomètres
à pied de San Pedro. La route longe le lac un peu en
hauteur; il y a des caféiers partout. San Luis s'ouvre sans
crier gare. Une cabane puis une autre, une maison en terre rouge
séchée. Des indiens partout. La semaine sainte
commence; les enfants sont en vacances.
L' église est pleine de petites filles et de cris qui devraient
être des chants. Les garçons travaillent, portent du
bois ou du café. Plus bas, vers le lac des caféiers
encore et toujours. Trois petits garçons m'accostent en criant
:"Gringo"
Je suis français leur dis-je. Zinédine Zidane,
me jettent-ils au visage. La france a gagné la Coupe du Monde
; ces enfants là le savent. Ils me disent qu'ils sont
en vacances; que plus tard ils seront coupeurs de café. Je
n'ai pas ma montre, pas de téléphone portable évidemment;
je n'ai même pas emporté mes yeux artificiels, vos
yeux pour filmer les beautés accumulées de cette digue
au milieu des roseaux, près des caféiers, avec l'odeur
des algues séchées au soleil et les bruits d'un canard
et d'autres oiseaux que je ne connais pas.
Benoît Page
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