|
|
Jeudi 11 Mai, le "beau" navire bleu
Le départ de Panama City et la suite du voyage
de nos deux routards vers des pays toujours plus au Sud.
Point
de salut à Panama city pendant ces quelques jours. Les immeubles
sont gigantesques, gratte-ciels à l'américaine et
les prix sont hors bourse pour les nôtres. Le canal de
Panama se traverse en deux sens. Celui qui, pour l'heure nous intéresse
va de l'Atlantique vers le Pacifique. Un bateau, peut être,
pourrait nous prendre, pour faciliter ce cap difficile qu'est le
passage de l'Amérique centrale vers l'Amérique du
sud.
L' entrée du canal côté Pacifique s'appelle
Balboa. Une zone un peu à la périphérie
de cette ville, finalement assez grande
.
L'étonnant Tyry, qui fait des progrès presque miraculeux
dans la langue de Cervantès et de Garcia Lorca, parle aux
gens de plus en plus. Il décide, malgré mon air
dubitatif, de tout faire pour prendre ce bateau qui nous sauverait
la vie et surtout, nous la simplifierait énormément.
Dès lors, il s'agit d'aller de l'autre côté
du canal (côté Caraïbe) pour sauter sur un navire
qui attend là son tour pour passer le beau canal dont la
devise est: "le génie des hommes réunit les océans".
La traversée du Panama se fait en deux temps trois mouvements.
Et une fois encore, vous pourrez constater que la chance est à
nos côtés. Le beau navire bleu croisant côté
Caraïbe accepte de prendre à son bord deux français
aux habits tachés pour les emmener jusqu'à Lima.
En fait d'un beau navire bleu, il s'agit d'un vieux cargo péruvien,
avec encore quelques traces de peinture bleue sur sa coque rouillée,
navire que vous ne verrez pas puisque je n'ai plus de batterie à
ma caméra. A propos, je lui ai donné un petit nom:
"SONNYA". Elle tremble dans ma main quand je l'allume.
Donc, une fois les formalités de douanes effectuées,
nous voici embarqués sur le "Cuscana", triste
ombre des mers du Sud qui transporte de l'aluminium. Le capitaine
(1m50) est un fier péruvien qui nous demande, pour nous emmener
à Lima quelques dollars, des cigarettes et bien sur une participation
aux frais de nourriture. Je lui achète 2 cartouches de Viceroy
(cigarettes du Panama) et une bouteille de rhum ; Tyry lui donne
20 dollars.
La cabine qui nous est allouée est minuscule et se trouve
vers l'arrière du bateau. Bien sûr, après
les blattes géantes de notre hôtel à Panama,
nous n'allons pas nous plaindre. D'autant que le voyage est
des plus agréables, sauf pour les claustrophobes. Peu de
moyens de voir la mer, à part à travers notre hublot
gros comme un cul de poule. Vous dirais-je que j'ai pu avancer considérablement
Don Quichotte, vous ne seriez pas étonnés. Au bout
de trois jours quand même, passée l'excitation de la
nouveauté du moyen de transport, l'ennui montre le bout de
son nez d'autant que la mer est calme, trop calme pour moi.
Peu ou pas d'occasion de parler à l'équipage s'offre
à nous, sauf à croiser par chance un marin égaré
prés de nos quartiers bruyant. Mais, ultime privilège,
nous mangeons avec le capitaine et un autre membre de l'équipage,
le sous capitaine, peut être, tous les soirs; les repas du
midi étant réduits à des pommes de terre bouillies
et froides et une sorte de saucisse, froide elle aussi, tout ça
pour la moitié d'un dollar quand même.
Moins d'une semaine ainsi, sur les eaux calmes de la côte
pacifique de l'Amérique du Sud. Rien à signaler à
l'horizon. Le Pérou n'a qu'à se bien tenir; nous arrivons.
Benoît
Page
Lire la suite des aventures
de Benoît sur son site
ou retourner au sommaire "Correspondants"
|