ciao.com, l'avis du consommateur
 

recherche avancée

Pour découvrir le début des aventures de Benoît Page, pour consulter les reportages photos et dialoguer avec cet incroyable aventurier, rendez-vous sur son site.

16 et 17 avril, Guatemala

21 avril, Guatemala

25-28 avril, Honduras

29 avril, Nicaragua


01 mai, Nicaragua


11 mai, traversée vers le Pérou

20 mai, Pérou

 


Samedi 6 Mai


Suite des aventures incroyables et, certains jours misérables, de l'intrépide Benoît (moi-même) et de son fidèle compagnon de voyage Tyry.


Ce jour là, je m'éveille dans la vieille ville de Panama (Casco viejo). Une ville presque en ruine, construite à l'européenne. L'hôtel colonial, qui me loge pour quelques jours et 5 dollars est traversé de part en part par plusieurs musiques, celles de la rue, celle de vieux postes de radio des chambres voisines.
Celle de la télévision hurlante, en bas du patio et les gémissements louches de certains hommes et d'autres femmes, qui viennent d'on ne sait où.
A l'intérieur, tout est de bois et de crème avec des ventilateurs partout au plafond.

Ce jour là, je m'éveille 50 ou 60 ans plus tôt et je monte sur la grande terrasse qui fait office de toit de l'hôtel. On y voit le Pacifique et une file d'attente de cargos qui font route vers l'Atlantique. Sous une pluie digne des plus belles averses tropicales, nous décidons de visiter coûte que coûte ce quartier réputé dangereux. Au premier carrefour, voyant notre air niais et nos vêtements (costume touristique traditionnel), un policier, dieu sait ce qu'il fait là, nous dit que ce quartier est dangereux, que les touristes s'y font dérober leur affaires régulièrement , en un mot comme en cent, il nous dit de partir d'ici au plus tôt. Intrépides nous sommes, intrépides nous resteront. Ayant considéré que nous n'avions pas d'affaires importantes sur nous, les ayant laissées à l'hôtel, nous concluons alors, d'un commun accord, à la poursuite de notre périple dans les rues de ce quartiers délicat, dirons-nous. Pas cinq minutes ne s'étaient écoulées, qu'un individu en chemise, à la peau et au regard sombre nous accoste avec un air sûr de lui, pensant sans doute des mauvaises choses; c'est du moins ce que me laisse entendre ma première impression. Douce et si juste première impression. Il commence par vouloir nous serrer la main, menotte hésitante que, chacun à notre tour, nous tendons. Puis, dans un espagnol rapide et broyé par une bouche à peine entre-ouverte, il nous demande de le suivre jusqu'à sa maison pour nous offrir à boire. J'hésite encore, Tyry me regarde et de ce regard, nous acceptons, pour voir et pour ne pas, plus tard, être jugés trop méfiants ou pas drôle du tout. Plusieurs pâtés de maison plus loin, nous voici entrant dans le hall démesurément grand et inconsidérément délabré d'un vieil immeuble, colonial lui aussi. Sa demeure, tant elle est miséreuse, me trouble un peu. Son regard à lui aussi se trouble et il sort d'un tiroir, alors que nous sommes assis et contemplatifs de cet endroit lugubre, un couteau long comme la queue d'un âne et nous le brandit aux visages. J'essaye d'entamer une discussion. -Que veux tu, lui dis-je? -Votre argent me dit-il simplement en nous faisant signe de nous lever. L'air un peu malicieux, nous montrons que nous n'avons rien sur nous à part moi, 2,5 dollars que je lui tend volontiers, avec une dévotion à la mesure de ma peur, je l'avoue. Puis, soutenant mon air sur de moi et tyry faisant de même, nous faisons mine de nous en aller. Aucune résistance de la part de notre agresseur au long couteau.
Nous nous retrouvons dans cette rue, dès lors triste et calme et décidons de nous en retourner à notre bel hôtel colonial pour dormir sur la fatigue de nos émotions matinales.

Benoît Page

Lire la suite des aventures de Benoît sur son site

ou retourner au sommaire "Correspondants"