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Dimanche
30 Avril
L'île de Ometepe est la plus grande île du monde sur
un lac, en l'occurence, le lac Nicaragua. Sur cette île, il
y a deux volcans dont un se situe à 1600 mètres d'altitude,
c'est le volcan Concepcion.
Je
suis au pied de ce volcan à Moyobalpa, village bienheureux
et tranquille s'il en est. La guérilla du Nicaragua n'est
jamais arrivée jusqu'ici. La devise de l'île est "Ometepe,
oasis de paz" (oasis de paix).
Les cigarettes coûtent 9 cordobas
(6 francs).
Sans guide, nous avons fait l'ascension du volcan : 4 heures
de marche.
Les
deux premières heures: marche d'approche, soleil de plomb,
j'ai les bras brûlés. Quelques arbres seulement pour
quelques ombres salvatrices.
Puis, l'heure suivante coule au milieu d'une forêt épaisse
de bananiers sauvages et d'autres grands arbres verts et gris; des
perruches vertes et rouges, des quetzals, des singes hurleurs et
des singes à col blanc. Nous mangeons là 10 bananes
et du pain que nous avons acheté au petit matin.
La dernière heure glisse avec un vent ahurissant sur un sol
désertique de roches volcaniques; jusqu'à toucher
les nuages qui s'accrochent au sommet de dentelle du cratère.
Le vent chaud, en haut, ne nous laisse pas de répit...
Mais mon Dieu, cette vue !!! lointaine, pure, propice aux plus
grands rêves de sérénité, si près
des dieux, s'ils existent, si près de soi-même en tout
cas.
Je vous livre en vrac des photos
de l'île d'Ometepe; multipliez par 1000 les capacités
de votre imagination, ajoutez sur votre peau des réserves
de soleil pour plus de dix ans, des sourires aux coins des rues
et l'eau fraîche d'un lac où l'on se baignerait nu
si la pudeur n'existait pas. Ne rangez rien de tout ça, laissez
faire la vie et vous comprendrez peut être.
Je suis libre; demain je pars au Costa Rica, (avec vous.)
Lundi 1 Mai
Une
aventure matinale impromptue:
Levé
à Alta gracia, sur l'île de Ometepe sur le lac Nicaragua
à 3h45 du matin pour prendre le bus de 4h15.
Le bus tombe une première fois en panne dans la nuit du matin.
Première réparation; 1/4 d'heure plus tard,
il repart pour 10 petites minutes toussottantes puis tombe en panne
à nouveau. Deuxième réparation qui vaut
pour 20 minutes de route où le moteur ronronne plutôt
bien. Puis, la troisième panne , qui n'est sans doute
pas fatale, ne fait naître aucune réparation. Le chauffeur
s'assied sur un caillou au bord de la route; son assistant rembourse
et tout le monde attend, au pied du volcan, l'arrivée de
l'autre bus 1 heure plus tard. Tout le monde attend en discutant
et en souriant aussi de cette panne.
Au Nicaragua, il est des gens qui se lèvent à 4
heure du matin, pour aller travailler sans doute et qui ne râlent
pas si le bus tombe en panne, simplement parce que cela ne servirait
à rien. L'efficacité n'est pas une priorité:
pour moi, c'est la leçon du jour.
Vale
(on continue, on verra)
Benoît
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