Jean-Marie Steinlein12, rue Schott 67000 Strasbourg Tél. : 03 88 31 57 48 Courriel : jmsteinlein@wanadoo.fr Études d'architecture puis cinéma, télévision, édition. Parution dans les principaux magazines et dans de nombreux ouvrages français et étrangers (dernier livre paru : Kolonial Paläste in Mexico , éd. Taschen). De 1975 à 1985, directeur artistique dans l'édition. Réalisation de brochures pour le Centre Pompidou, la Maison des Cultures du Monde, le Louvre des Antiquaires, les galeries d'art, les manifestations culturelles, les brasseries du groupe Flo ( Les brasseries qui racontent le siècle )... De 1986 à 1989, rédacteur en chef du magazine Thalassa , puis de Signature et Vivre à l'étranger. Depuis 1990, directeur de rédaction et rédacteur en chef de magazines liés au tourisme et au voyage. Magazines de bord de compagnies aériennes (AOM, Air Liberté, TAT, etc.), Arcachon Magazine, Pays Royannais Magazine, etc.
Principales expositions personnelles et diaporamas : FRANCE : Paris (FNAC Montparnasse, FNAC Forum), Grenoble (Musée dauphinois), Strasbourg, Nancy. BELGIQUE (Musée du Masque à Binche); ESPAGNE, ITALIE (Venise et Florence); ALLEMAGNE (Ulm, Mayence et Karlsruhe); Croatie, Slovénie, Macédoine ; CANADA (Québec, Musée de la Civilisation). Rennes. Maison de la Culture. Les masques et leurs fonctions (1980). Venise. Ikona Photo Gallery , Le Maschere di Europa (1981). Nancy. Festival international de l'Image. Masques de l'Est (1981) Paris . Centre Georges Pompidou. Carnavals et fêtes d'hiver (1983). Maison des Cultures du Monde. Diaporamas : Le Temps des Saturnales et Le Temps des Masques (1984). FNAC Forum, Auditorium. Les journées de l'Inde. Audiovisuel : La Ramlila de Ramnagar (1985). FNAC Montparnasse. La fête dans le monde (1987). La Coupole, Coutumes d'hiver en Europe (2000). Belfort . Musée du Château. Carnavals et fêtes d'hiver dans les pays de l'Est (1984). Ohrid. Macédoine. Carnavals et coutumes d'hiver en Europe (1986). Skopje, Macédoine. Coutumes d'hiver en Europe (1986) Belgrade (Serbie). Carnavals européens (1986). Zagreb (Croatie). Fêtes d'hiver (1986). Ljubljana (Slovénie), Masques d'Europe (1987). Grenoble . Musée dauphinois. Masques (1987). Villages de Roumanie. Identités en péril (1989). Peurs bleues. Les Croquemitaines (2000). Karlsruhe . Centre culturel français. Fêtes d'hiver en Europe (1987). Saint-Avold . De la crinoline au blue-jean (1988). Evreux . Maison des Arts. Carnaval, qui es-tu ? (1988) Ulm . Le Danube en fête . Brauchtum an der Donau (1989). Florence . Italie. Institut français. Masques en Europe (1990) Mayence . Allemagne. Institut français. Zeit der Masken. Winterliche Bräuche und Feste in Europa (1993). Québec . Canada. Musée de la Civilisation. Masques et mascarades. Exposition et diaporama (1994). Strasbourg . Masques de Roumanie et de Bulgarie . La Laiterie (2000.) Romans . Le Temps des Masques (2001). Lorient . Peurs bleues. Les Croquemitaines (2002).
EXPOSITIONS
LE TEMPS DES SATURNALES (Noël dans les Carpates, en Roumanie, Slovaquie, Pologne.)
Au cour de l'hiver, pendant les douze jours qui séparent Noël de l'Epiphanie, l'année vieillie rajeunit à travers les mascarades et les rites d'inversion du quotidien. Saturne et son règne reviennent vivre quelques jours sur terre sous les avatars de la mort, des diables, des vieux dont le vacarme réveille la nature endormie et prépare l'explosion du printemps. En Slovaquie, en Hongrie, en Pologne et en Roumanie, la religion d'aujourd'hui s'adapte sans heurts aux rites très anciens, comme ceux de la chasse et du sacrifice de l'ours. Dans les Maramures, au nord de la Roumanie, les quêtes traditionnelles des royautés éphémères des douze jours sont devenus jeux des Mages et des Hérodes. Pour son ultime sortie, la vieille année revêt les traits de la mort ou du vieux alors que les masques-animaux jouent la scène éternelle de la mort, dans la vie et la résurrection.
LE TEMPS DES MASQUES (Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Espagne, France, Grèce, Hongrie, Italie, Macédoine, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovénie, Slovaquie, Suisse.)
Des siècles d'interdits et de répression ecclésiastiques ou politiques n'ont pas empêché les masques d'exprimer des besoins profonds. S'agit-il de personnifier les âmes des morts revenus sur terre pendant quelques jours pour distribuer aux vivants la fécondité ? S'agit-il de s'inscrire dans le temps à l'envers de Saturne ? Ou de mimer le temps lunaire par des barbouillages blancs ou noirs ? Enfin, s'agit-il d'expulser, avec la vieille année, toutes les impuretés et les péchés que produit, tout le long du cycle, l'activité même des hommes ? Les voies des masques restent obscures, mais une seule chose est certaine : des mascarades quasi identiques, de la Pologne au Portugal, aux mêmes dates, devaient connaître, il y a très longtemps, un même sens qui reste encore à retrouver. Ces fêtes et mascarades ont lieu durant une période de l'année bien définie : du solstice d'hiver au Carême, le temps fort se situant au seuil de la nouvelle année : 1er janvier dans notre calendrier, 13 janvier, jour de la Saint-Basile, dans le calendrier orthodoxe (Bulgarie, Macédoine...) De la Pologne au Portugal, de l'Écosse à la Moldavie, partout les villageois fêtent la mort de l'hiver et la promesse du printemps. La chèvre, le cerf, l'ours meurent et renaissent, rejouant sans se lasser les métamorphoses du grand cycle de la nature : vie - mort - résurrection. Car c'est la grande espérance, le renouveau de la végétation qui sont ici mimés. En Bulgarie, on récite des vers de prospérité cependant qu'une charrue trace dans la neige un sillon symbolique. Les paysans, cachés derrière de hauts masques confectionnés à partir de bêtes immolées (loup, agneau, sanglier...) sautent, créant avec les lourdes cloches portées à leur ceinture des bruits assourdissants, censés chasser les mauvais esprits de l'hiver. Ailleurs, comme en Pologne, d'étranges cortèges se forment, où se glissent des personnages inquiétants : la mort, le diable, qui accompagnent les anges porteurs de crèches. Tout ce monde effervescent et joyeux se rend de maison en maison, dansant, sautant, et se livrant à mille facéties dans l'hilarité générale. Les photos représentées ici ont été prises durant ces trente dernières années au cours de voyages multiples. Aujourd'hui quelques-unes de ces fêtes se sont définitivement éteintes, d'autres se sont modifiées en intégrant de nouveaux personnages issus du monde moderne, d'autres enfin, abandonnant les rues du village, ont accédé à représentation scénique et sont devenues spectacles.
Coutumes et rites d'hiver« Jean-Marie Steinlein aime les villages de l'Europe de l'Est à l'heure de fêtes, lorsque des figures étranges les envahissent, lorsque le cycle saisonnier ou religieux fait ressortir un monde enfoui qui refuse la domestication : moments de rupture scellés par un passé auquel on ne peut se dérober sans risque de malédiction. Jean-Marie Steinlein photographie peu les gens. Ce sont les objets dont ils se parent qui l'attirent, ensembles hétéroclites, fortement marqués par un imaginaire animalier. Jean-Marie Steinlein suit les quêteurs, ces groupes qui furent secrets à l'origine et qui traversent le village pour annoncer avec fracas la mort d'un cycle et le recommencement d'un autre. C'est par la violence qu'ils incarnent un moment que le village peut renaître. Jean-Marie Steinlein n'est pas un photographe de la fête, mais de ses signes. De l'extérieur, immobilisée, une photo de fête ne peut que décevoir, car elle demeure toujours en deçà de l'imaginaire éveillé par la vue de ses outils, de ses masques où le profil de l'homme prend des allures zoomorphes. Ici, la fête se laisse deviner en creux, dans l'interstice de ces apparitions baroques. »
Georges Banu
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