Le dernier ouvrage du carnettiste Simon
Parce que la langue de Simon est jubilatoire, parce ce que ses pages sont, toujours un peu plus, des kaléidoscopes de styles, d’effets et de supports mais que la peinture et la couleur chantent à chaque nouveau carnet un peu plus fort, parce ce que notre voyageur a l’œil aiguisé par la fréquentation des peintres et
des poètes et que son carnet a le grain, sans les rides, de la maturité, disons, le relief du temps et de l’expérience, peut-être celle du voyage, de l’amour ou de la paternité – allez savoir ! et que le récit est personnel sans être égotiste, plein de curiosités sans être documentaire, parce que la dédicace du carnet va « à ceux qui n’ont pas de passeport », parce qu’il n’oublie pas les louanges à Ganesh, « patron des écrivains et des écoliers » ni celles à sa compagne de voyage et d’amour, parce que la maquette et l’édition du livre sont particulièrement soignés et qu’il a
taillé ses textes comme de petits tableaux, trouvant de la sorte un bel équilibre entre légèreté de sa plume et riches palettes de ses pinceaux, parce que les lents paysages désertiques, les brasiers de saris, les nuits magiques de Pushkar semblent déborder d’immenses et généreuses pages ouvertes, et, tels des encens, envahir nos chambres de lecture, parce que Simon a la mansuétude de nous rappeler ce qu’une mendiante d’un petit « signe fraternel » lui a signifié, tous, nous
mendions… une chose ou une autre, parce qu’il nous parle de roses mais aussi de crasse avec le même inextinguible enthousiasme et parce qu’il qualifie les diarrhées d’initiatiques, pour mille et une raisons que je pourrais énumérer longtemps encore en une litanie de détails et de lignes fortes, ce carnet, m’a tellement plu que je crois qu’il doit être lu et offert, comme un dithyrambe, une ode colorée, un bréviaire ou un chant d’amour…

Auteur : Simon
Maison d'édition : Alternatives
Collection : Beaux-arts - Beaux livres
Année de parution : 2007
Nb pages : 160
Prix : 37,05 €
Lire la critique complète du livre
