Projet associatif soutenu par Uniterre.com
A Madagascar, passé 17h30, il fait nuit noire. Dans les cases aux toits de chaume, la vie s’organise autour de lampes à pétroles ou de bougies. Dans ses conditions, il est difficile pour les enfants de travailler à leurs devoirs scolaires. Et puis, les actes médicaux, les accouchements sont périlleux, les vols de bétail fréquents et les incendies omniprésents.
Comment gagner sur la nuit, dans une démarche respectueuse pour l’environnement et au sein d’un projet impliquant pour les villageois ? Comment apporter la lumière ?
Une idée-phare
L’idée a clignoté dans le cerveau de Josielle Randriamandranto qui dirige l’agence de voyage Jacunda et qui a voulu capitaliser sur une des plus grandes richesses de cette île pauvre, le soleil, en imaginant de distribuer des lampes et des lampadaires solaires dans son pays. C’est ainsi qu’est née, en avril 2011, l’association Les Jardins de lumière. Le projet de l’association également animée bénévolement par Lova Ramisamanana, producteur d’artistes malgaches en Europe, Thierry Bongarts, producteur de musique du monde, Anne-Laure Thieblemont, animatrice du blog de l’association et trésorière adjointe et Marie-France Lafarge, chargée de communication, se structure aujourd’hui autour de trois actions en 2011. La première est d’apporter la lumière à 81 villages et 3500 cases de la commune de Ranohira dans le sud de l’île, à 700 km au sud de la capitale Antananarivo. Il s’agit de fournir aux habitants des dispositifs tout simples et faciles à installer (une lampe, un fil, un petit panneau solaire à fixer sur le toit, autonomie : trois heures) ainsi que des lampadaires (autonomie : 5 heures) pour favoriser les déplacements et les rencontres au sein du village. Le montage financier témoigne bien de l’esprit général : solidaire, mais responsable. Chaque lampe coûte 25 euros et chacun peut par ses dons, contribuer à financer un petit bout de soleil, mais il est aussi demandé aux habitants volontaires de payer une moitié de leur lampe (sur 20 mois), afin qu’ils s’approprient le projet.
Un jardin pour grignoter la nuit
Pour que les villageois puissent se payer cette lampe, l’association a prévu un deuxième volet à son dispositif : le jardin de lumières. Sur 5 hectares à proximité d’un site très couru par les touristes, le parc national de l’Isalo le Colorado malgache, ce jardin est à la fois une vitrine et un moteur du projet. Conçu en forme d’arbre, il a d’ores et déjà permis de créer 40 emplois locaux qui s’occupent de son aménagement. Géré par les villageois, destiné à devenir un lieu de rencontres et de convivialité, il abrite aussi des « kiosques » : des cases offrant à la vente des produits d’artisanat local et les productions potagères et florales du jardin.
Le tout en musique
Enfin, troisième volet de l’action 2011 : un festival musical, organisé les 14, 15 et 16 octobre, célébrera l’arrivée des premières lampes et l’ouverture du jardin. Lumière et musique, donc, sont au programme de ce grand week-end qui mettra à l’honneur plusieurs groupes dont « L’orchestre de Madagascar » (Ny malagasy orchestra), une formation qui regroupe des artistes de toutes les régions de l’île et qui puise dans la tradition pour créer de nouvelles compositions.
Dominique Brisson
Le site web du projet : http://www.jardins-de-lumiere.org/
Jaquette du disque Ny malagasy orchestra, illustrée par Genevière Marot
