Vacances d'été 2021 entre anticipation et questionnement
Publié le 30/03/2021
 

Alors que les vacances de Pâques approchent à grands pas, la question des vacances estivales se pose avec les conditions sanitaires comme juge de paix.

 

Au quotidien les conditions sanitaires dictent nos décisions, nos actes et nos vies. Depuis un an, l’impact est brutal et bouleverse nos agissements jusqu’à notre détermination. Entre les différents lieux culturels fermés et les restrictions de circulation, il est compliqué de prévoir l’avenir tant que la situation n’est pas éclaircie. Le virus circule encore et la campagne de vaccination commence tout juste à prendre sa pleine mesure en s’accélérant avec la mise en place de vaccinodromes géants. Il est difficile de prédire ce que nous ferons dans les prochaines semaines.

« Je suis persuadé que nous arriverons à inventer une saison estivale parce que l’on a besoin de s’oxygéner, les Français en ont bien besoin, c’est de notre devoir d’organiser cela »

Et pourtant l’envie est là bien présente de prendre ses billets et partir en vacances. Comme l’été dernier, la pandémie va encore une fois conditionner les réservations estivales. Invité de France Bleu Pays Basque, le 3 mars dernier, Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’État au Tourisme, a expliqué que « l’on veut faire en sorte que la reprise se fasse dans les meilleures conditions sanitaires avec tous les protocoles. Je reste optimiste et confiant sur une saison d’été, on va tout faire pour qu’il y ait une saison cet été. Je suis persuadé que nous arriverons à inventer une saison estivale parce que l’on a besoin de s’oxygéner, les Français en ont bien besoin, c’est de notre devoir d’organiser cela ».

Certains n’ont pas attendu cette intervention au ton rassurant du secrétaire d’État pour commencer à réserver leurs vacances d’été afin d’échapper à ces moments anxiogènes. A la campagne, à la mer ou en montagne, la France a, par défaut, la côte face à l’impossibilité de partir à l’étranger sauf motif impérieux jusqu’à nouvel ordre. Même si on peut imaginer que d’ici le début de la période estivale, le gouvernement assouplira ses règles. Durant les vacances d’hiver, le littoral atlantique a bénéficié de températures relativement clémentes, entraînant de ce fait une population supplémentaire qui ne souhaitait pas partir à la montagne face à l’absence des remontées mécaniques. Si certains ont souhaité partir ailleurs qu’à la montagne, d’autres ont fait le choix de rassembler leurs forces sur les congés estivaux.

Anticipation dans les transports et sur le lieu de villégiature estival

La flambée des réservations n’est pas encore à son paroxysme mais elles sont tout de même notables. Les Français recherchent des lieux où ils pourront partir en famille ou entre amis sans avoir à fréquenter les hôtels, centres de vacances ou autres lieux où beaucoup de personnes se concentrent. Mais les biens ne sont pas légion pour autant, ce sera au premier arrivé, premier servi. Certains ont même anticipé un an avant en réservant leur logement. Une façon d'aborder plus sereinement cet été qui s'annonce identique à 2020.

Les difficultés de voyager sereinement à l’étranger l’été dernier, ont poussé les Français sur une partie de l’arc Atlantique et en Méditerranée. Ce qui a eu pour conséquence de faire exploser les réservations et les taux de concentration entraînant par la suite une très nette augmentation des taux de contamination après l’été. Il faudra donc jouer malin afin d’échapper aux lieux très fréquentés en se rendant à la campagne ou dans certains coins à la montagne, pour profiter des vacances et y respirer un air plus doux sans être les uns sur les autres. 

Cette anticipation pour réserver son logis prévaut également pour le mode de transport. Depuis ce matin, la SNCF a mis en vente les billets pour cet été. Pour éviter de voir flamber les prix des billets à mesure que le temps passe et que l’été se rapproche, il faut donc anticiper. L’incertitude domine beaucoup plus sur l’aérien. Avec des terminaux fermés, les compagnies sont au ralenti et attendent fébrilement les annonces gouvernementales pour adapter le trafic. Le plan de vol estival est donc loin d’être finalisé. Cependant Air France laisse la possibilité aux voyageurs de se faire rembourser les billets quel que soit le vol.

Des pays et l’Union Européenne poussent pour un passeport vaccinal

Les compagnies aériennes qui espèrent en vain une éclaircie ont vu leurs envies totalement douchées par les annonces gouvernementales en reconfinant partiellement 19 départements. Il est pour le moment très compliqué de prévoir une réservation vers les pays extérieurs. En effet, les conditions d’accès pour entrer dans un autre pays sont très compliquées et vont même s’accentuer. Plusieurs pays mettent en place des protocoles plus stricts en demandant aux touristes d’avoir reçu les deux doses du vaccin. Certains d’entre eux ont déjà adopté ce système, d’autres s’apprêtent à le mettre en place ou envisagent de le faire. Israël et la Grèce ont déjà conclu des accords de libre circulation pour les citoyens des deux pays déjà vaccinés. La Commission européenne va même bientôt présenter aux états membres de l’Union Européenne un projet de passeport sanitaire numérique commun à tous. Un tel document administratif pourrait donc s’avérer indispensable pour partir.

En France moins de 8 millions de personnes sont vaccinées dont 2,6 millions ont reçu la 2e injection. Malgré l’optimisme affiché du gouvernement sur la campagne grand public de vaccination, il est évident qu’une grande partie de la population française pourrait être exclue d’office d’un voyage si les conditions sanitaires venaient à être durcies. La mise en place de ce document officiel n’est pas non plus sans poser de nombreuses questions, notamment sur la libre circulation des personnes dans un espace européen qui en fait l’un de ses préceptes.

En attendant les professionnels du tourisme militent sans relâche pour une ouverture des frontières pour permettre aux français de voyager en dehors du pays et aux visiteurs extérieurs de venir. Que ce soit avec sa population intérieure ou avec les touristes étrangers, le secteur est prêt à recevoir ses clients. L’industrie touristique est florissante en temps normal. Une deuxième année comme celle de l’an dernier et c’est tout un secteur qui aura le plus grand mal à s’en remettre malgré les aides étatiques. Pour rappel, la France est le pays le plus visité au monde. En 2019, elle a attiré 89,4 millions de visiteurs étrangers.

 

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