Le trafic aérien victime expiatoire de la pandémie de Covid-19
Publié le 06/07/2020
 

Les mauvaises nouvelles s’accumulent pour les compagnies aériennes qui doivent faire face à la crise du Covid-19. Les licenciements fleurissent.

Du jour au lendemain, les compagnies aériennes ont dû stopper toutes les machines. Les avions, les pilotes, hôtesses, stewards, et personnels administratifs aux arrêts forcés, c’est tout un pan de l’économie mondiale qui s’effondre d’un coup. Sur les tarmacs, c'est la soupe à la grimace. Selon des calculs de l’Association Internationale du Transport Aérien (Iata), les compagnies aériennes mondiales pourraient perdre jusqu’à 84 milliards d’euros en 2020 et 15 l’an prochain. Pas de quoi se réjouir évidemment dans les rangs des compagnies.

De Lufthansa à Air-France en passant pas Qantas ou Easyjet, la morosité et la déprime l’emportent à mesure que les semaines passent et que les nouvelles sortent sur de nombreux plans sociaux. En cause, les fermetures inévitables des frontières pour lutter contre la pandémie. Si certains pays ont déjà rouvert leurs frontières, d’autres sont toujours aux prises avec ce mal invisible et insidieux. Si vous souhaitez visiter les États-Unis ou la Chine il faudra remettre ce voyage à plus tard une fois la maladie mise à mal. Les compagnies aériennes en berne, ce sont évidemment les professionnels du tourisme qui toussent quand les annonces sortent dans la presse.

Air France : un plan social qui passe mal

Que cela soit des compagnies low cost, aux compagnies traditionnelles ou des fournisseurs de services liés au transport aérien, le transport aérien se présente en victime expiatoire de la maladie. Les responsables vont donc tailler inévitablement dans leurs effectifs. 4000 emplois par-ci (Swissport), 22 000 par-là (Lufthansa), ou encore 7580 (Air France) et 6000 (Qantas) d’un autre côté, d’autres empruntent, certaines entreprises passent par l’aide étatique (3,4 milliards d’euros pour KLM et 7 Milliards pour Air France) ou sont nationalisées (Alitalia). On ne compte plus les messages d’inquiétude sur les réseaux sociaux d’employés de différentes compagnies qui apprennent par voie de presse ou par les syndicats que les postes seront supprimés ou non renouvelés. Du côté d'Air France les syndicats sont vent debout après la décision de supprimer 7580 postes alors que l’entreprise reçoit un aide de 7 milliards d'euros de l’État. Un vrai choc, dur à encaisser et cela n’est pas près de s’arrêter tant les nouvelles affluent chaque jour sur des plans sociaux se multipliant.

Le dernier en date est celui de Royal Air Maroc qui compte se séparer de 900 employés dont 180 pilotes et plus de 500 hôtesses et stewards sous forme de départs volontaires. L’inquiétude grandit donc au sein des effectifs de tous les opérateurs qui sont confrontés à la crise sanitaire. Ils doivent faire face à la baisse du trafic aérien. Si certains aéroports ont rouvert, c’est trop peu pour espérer retrouver les chiffres d’un trafic équivalent avant la crise et les mesures pour stopper la propagation du virus. Et quand les grosses compagnies sont aidées par les états, dans le même temps les plus petites doivent mettre la clef sous la porte. Si le train peut remplacer certaines destinations, cela reste évidemment de l’ordre d'une destination hyper locale. 

Les longs courriers ne vont pas reprendre rapidement ainsi que d’autres vols plus locaux quand l’avion n’est que la seule solution pour relier certains lieux. C'est le cas du côté de Tahiti où les îliens viennent d’encaisser la décision d’Air Tahiti de ne plus assurer la desserte déficitaire d’un certain nombre d’îles. La nouvelle carte de la compagnie radie 20 destinations non rentables depuis Morea. Ait Tahiti demande l’aide de la métropole pour poursuivre ses missions sur ces îles. L’éloignement et le peu de fréquentation de ces lignes ont donc eu raison des îliens fort mécontents suite à cette décision les privant de ce qu’ils considèrent comme la continuité d’un service public. Pour permettre le retour des voyageurs, il faudra adopter des mesures sanitaires drastiques quand les frontières seront toutes rouvertes. En attendant tout le monde attend la fin de la pandémie.

 

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