Le reconfinement, l'inévitable option européenne pour freiner la pandémie de covid-19
Publié le 05/11/2020
 

La France n’est pas le seul pays à prendre la décision de se reconfiner. Le point sur la situation en Europe.

L’été est passé après une certaine insouciance retrouvée l’espace des vacances, des barbecues en famille, des embrassades, suite à une première phase de confinement douloureuse. Les gens ont souhaité profiter au maximum de cette période estivale si particulière malgré le masque, les règles d’hygiène renforcées, les appels à la vigilance des spécialistes annonçant qu’un grand fracas attendait la population à la rentrée et plus certainement l’automne. L’impossible décision des dernières semaines est finalement devenue inéluctable depuis plusieurs jours pour certains pays tant la pandémie de covid-19 ressurgit à pleine vitesse. A travers la planète, le covid-19 a fait 1,2 million de morts et contaminé 45 millions de personnes. C'est en Europe que le virus circule le plus vite. 

Irlande, Angleterre, France, Belgique, Autriche, Lituanie et Grèce, même tarif : le reconfinement total

Cette légèreté estivale, alliée à une désinvolture et une nonchalance, vole inexorablement en éclat depuis les annonces de reconfinement. La France qui est entrée en confinement le vendredi 29 octobre à minuit, entraînant son lot de questionnement et d’incompréhension sur la fermeture de certains commerces, n’est évidemment pas le seul pays à choisir cette irrémédiable option. Une à une, les nations européennes se reconfinent jusqu’au début du mois de décembre. L’Irlande a été le premier pays à se confiner totalement le 22 octobre dernier. Seules quelques exceptions comme les courses et les exercices sont possibles. Les commerces non essentiels ne sont pas ouverts. Dans le sillon de la France, l’Angleterre a également décidé de se reconfiner à partir d’aujourd’hui jeudi 5 novembre. Le premier Ministre anglais Boris Johnson a choisi de calquer le modèle français pour ce 2e opus du confinement : écoles ouvertes, télétravail privilégié voire imposé, bars et restaurants fermés et sorties sur des motifs légitimes.

L’Autriche est entrée en hibernation mardi 3 novembre jusqu’à la fin du mois de novembre au minimum. Les Autrichiens n’ont pas le droit de sortir de 20 heures et 6 heures. L’école et les magasins resteront ouverts contrairement aux restaurants, hôtels et institutions du pays. En République Tchèque les dirigeants du pays ont choisi d’établir les déplacements au strict nécessaire comme les courses et le travail mais il est tout de même possible de voir ses proches et les anciens pour les soutenir sous une forme stricte d’assistance. Les rassemblements sont interdits à plus de deux personnes dans l’espace public hors du même foyer.

La Belgique, elle aussi fortement touchée par la pandémie est entrée ce lundi 2 novembre dans son deuxième confinement. Celui-ci durera six semaines. Les Belges se voient imposer le télétravail, les écoles restent fermées jusqu’au 15 novembre. Pour les courses il ne faudra compter que sur l’essentiel. Contrairement à la France, fleuristes et libraires peuvent travailler. Les habitants du royaume belge ne pourront inviter qu’une seule personne. En Lituanie, la pandémie galope moins que dans certains pays mais suffisamment pour que le gouvernement décide d’imposer ce mercredi 4 novembre un confinement national de trois semaines à compter du samedi 7 novembre.

Le dernier pays à faire savoir qu'il entrait en confinement pour trois semaines à partir de samedi est la Grèce. Pour sortir les Grecs devront envoyer par SMS le motif de leur sortie et attendre l'approbation des autorités. Seuls les magasins qualifiés d'essentiels auront le droit d'ouvrir. Cette annonce intervient deux jours après un reconfinement partiel des villes d'Athènes et de Thessalonique. 

En Allemagne, « pas de fêtes de la Saint-Sylvestre d’ampleur »

Avec un virus progressant plus rapidement en Europe, les pays estiment qu’il est donc nécessaire de prendre des mesures radicales. Tous ne sont pas logés à la même enseigne. Si certains ont fait le choix du reconfinement total ou presque, d’autres s’adaptent et sont moins contraignants. C’est le cas en Italie qui pour l’instant n’a pas pris l’option la plus radicale mais va imposer aux habitants un couvre-feu nocturne national à partir d’aujourd’hui 22 heures jusqu’au 3 décembre. Comme la France en septembre, le gouvernement de Rome va instaurer trois zones de risque qui seront dotées de mesures restrictives propres. Pour se déplacer dans les régions classées à risque il faudra montrer pattes blanches : santé, travail ou études. Pour se prémunir d’une reprise aussi conséquente qu’en France, les autorités italiennes imposent plusieurs mesures comme l’enseignement à distance, la fermeture des centres commerciaux le week-end, fermeture des musées et expositions, des transports réduits de moitié et les croisières sont désormais annulées. D’autres mesures plus contraignantes sont envisagées si la situation sanitaire ne s’améliore pas.

L’Allemagne n’est elle aussi pas en situation de reconfinement mais la résurgence automnale du virus oblige Angela Merkel a prendre des mesures drastiques : bars, cafés et restaurants fermés, institutions culturelles et sportives closes pour quatre semaines. Les rassemblements se feront en petit comité, pas plus de 10 personnes de deux foyers différents. « Ce sera un Noël dans les conditions imposées par le coronavirus, mais ce ne sera pas un Noël dans la solitude (…), nous devons réfléchir à des réunions de la famille proche, peut-être avec des mesures de précaution », prévient Angela Merkel la Chancelière allemande. En ajoutant qu’il n’y aurait « pas de fêtes de la Saint-Sylvestre d’ampleur ».

Sur l'île de Chypre le couvre-feu de 23 heures à 5 heures est étendu jusqu’au 30 novembre à tout le pays après Limassol et Paphos après une explosion de cas dans le courant du mois d’octobre. En Espagne aussi, le gouvernement a pour le moment mis en place un couvre-feu de 23 heures à 6 heures. A quelques exceptions près cependant. En Catalogne il est en revanche impossible de sortir durant quinze jours. En Navarre, face à la circulation du virus, il a été décidé de reconfiner la communauté forale.

L'armée en renfort en Suisse

Au Portugal, le pays voisin de la péninsule ibérique, c'est un reconfinement partiel. Les habitants de 121 communes du pays sur 308, dont les plus imposantes doivent rester chez eux pour deux semaines. Si le télétravail est impossible ils pourront se déplacer, tout comme pour emmener les enfants à l’école et effectuer les courses jusqu’à 22 heures car les commerces devront fermer à cette heure-ci. Au Pays-Bas, les bars et restaurants sont soumis à fermeture. La vente d’alcool après 20 heures est interdite. Il sera impossible de recevoir plus de trois personnes chez soi.

L’aggravation de la situation sanitaire en Suisse et plus particulièrement à Genève a poussé la mairie de la commune à fermer depuis lundi 2 novembre les bars, restaurants et commerces non essentiels. Le pays a pour sa part décidé de laisser les librairies ouvertes contrairement au voisin français. Pour aller faire du ski il faudra avoir son masque en empruntant les remontées mécaniques. Submergés par la seconde vague, les services de santé vont recevoir l’aide de 2500 militaires. Les clubs sportifs professionnels et semi-professionels, eux-aussi atteints par la pandémie vont toucher des aides et des prêts à hauteur de 350 millions de francs suisses.

En Pologne, les décisions gouvernementales prises mercredi 4 novembre obligent les cinémas, et les magasins dans les centres commerciaux à fermer. Enfants, adolescents et étudiants passent à l’enseignement total à distance.

Ces décisions dans chaque pays entraînent inévitablement des conséquences au niveau international. Les voyageurs étrangers en provenance de Belgique et du Royaume-Uni ne peuvent plus entrer temporairement sur le territoire chinois. Pour les Français et les Allemands, les ambassades chinoises dans ces pays ont annoncé un renforcement des mesures d’accès au pays. Les voyageurs chinois et étrangers provenant d’Allemagne et de France devront produire deux tests (sérologique et PCR), effectués deux jours avant le départ, et auront l’obligation de les faire valider par les ambassades.

 

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