L'État français vient une nouvelle fois à la rescousse d'Air France
Publié le 06/04/2021
 

La Commission Européenne a donné son accord à l’État français pour monter au capital d’Air France et aider ainsi la compagnie à faire face aux conséquences de la crise sanitaire.

Le long feuilleton de la relance économique d’Air France continue. La crise sanitaire qui touche la compagnie aérienne incite l’État à intervenir de nouveau après une première aide de 7 milliards d’euros. La Commission Européenne a donné son aval à ce nouveau projet. Pour se faire, l’État va monter au capital de l’entreprise en injectant un milliard d’euros, passant ainsi de 14,3 à un peu moins de 30 % et devenir ainsi le premier actionnaire d’Air France, et en convertissant un prêt de 3 milliards d’euros en fonds propres. Air France devra rembourser ce prêt sur un plus long terme.

Air France va devoir céder 18 créneaux à Orly

Interrogé sur France Inter ce mardi matin, Bruno Le Maire, le Ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance, a expliqué que « c’est le signe d’un engagement fort de l’État aux côtés de la compagnie Air France, aux côtés de ses salariés, et pour garantir la pérennité d’une entreprise stratégique pour la nation française ». Il a ajouté que « si nous faisons ce choix stratégique, c’est parce qu’Air France est stratégique, parce que derrière il y a le tourisme, et le soutien au tourisme, et derrière il y a les 400 000 emplois de l’industrie aéronautique ». Ce n’est évidemment pas un blanc-seing que l’État signe pour Air France. La société va devoir faire de grosses économies pour réduire ses coûts et parvenir à reprendre un peu plus d’indépendance.

En contrepartie la compagnie devra céder 18 créneaux horaires à d’autres compagnies aériennes sur l’aéroport de Paris-Orly. Cette session de créneaux horaires à la concurrence pourrait très rapidement venir faire de l'ombre à Transavia, la compagnie low-cost d'Air France. La société mère souhaite en effet doubler la flotte des avions de sa petite dernière d'ici 2025. Un casse-tête supplémentaire pour un groupe déjà très atteint par la crise et dont les perspectives ne sont guère réjouissantes sans un retour très rapide des voyageurs dans les aéroports. LCommission Européenne a également imposé à l’entreprise d'autres conditions : pas de dividendes aux actionnaires sans remboursement de cette recapitalisation, les aides ne serviront pas à soutenir les activités économiques de sociétés intégrées en difficultés financières, un mandataire contrôlera le respect des engagements, transparence et information sur l’utilisation des aides reçues, stratégie d’une année pour réduire l’impact de l’État dans le capital d’Air France.

Dans un communiqué la Commission Européenne souligne « que la mesure de recapitalisation aidera à gérer l'incidence économique de la pandémie de COVID-19 en France : la mesure vise à rétablir la position dans le bilan et les liquidités d'Air France et de sa holding face aux circonstances exceptionnelles causées par la pandémie de COVID-19, tout en maintenant les garde-fous nécessaires pour limiter les distorsions de concurrence ». L’instance européenne ajoute qu’« elle est nécessaire, appropriée et proportionnée pour remédier à une perturbation grave de l'économie d'un État membre ».

 

 

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