Fréquentation catastrophique de ses aéroports et crispation autour d'ADP
Publié le 19/11/2020
 

Au mois d’octobre le trafic du groupe ADP a chuté de 56,8 % par rapport à l’an dernier. Des conséquences qui crispent dans les effectifs au moment où les négociations achoppent, avec les syndicats, sur les propositions des dirigeants concernant les orientations stratégiques du groupe.

La baisse du trafic aérien, liée à la pandémie de covid-19, a de fâcheuses conséquences sur la fréquentation des voyageurs dans les zones aéroportuaires à travers la planète. La France ne fait pas exception et enregistre des chiffres catastrophiques dans ses aéroports. Dans un communiqué, le Groupe ADP révèle que son trafic total au mois d’octobre 2020 est en baisse de 56,8% par rapport à l’an dernier à la même période avec 9,1 millions de voyageurs accueillis dans l’ensemble de son réseau. La baisse est plus importante pour les aéroports parisiens avec une baisse constatée de 75,6%. Avec la pandémie de covid-19 qui frappe l’ensemble de la planète, il est évident que les répercussions se font sentir sur le trafic aérien.

ADP a donc adapté son emprise en réduisant évidemment ses conditions d’accès. Le terminal 1 d’Orly est fermé depuis le 11 novembre. Cette fermeture partielle tranche malgré tout avec la première où tout l’aéroport était fermé du 1er avril au 26 juin. Les passagers sont ainsi regroupés sur les terminaux 3 et 4. A Roissy-Charles-de-Gaulle seulement trois terminaux (2E, 2F et 2AC) sont ouverts. Depuis le début de l’année, le trafic des deux aéroports parisiens met en évidence une diminution importante de 67,3% du trafic par rapport aux chiffres de l’an dernier. Alors que la France et plusieurs pays européens sont confinés et donc que les voyageurs viennent à manquer, la société travaille déjà sur des hypothèses de fréquentation et de trafic pour l’année 2021.

« Dans un communiqué, le groupe explique que « compte tenu des incertitudes liées à la crise sanitaire, le Groupe ADP travaille sur une hypothèse de trafic pour l'année 2021 qui serait comparée, pour être plus pertinente, aux données de trafic de l'année 2019 ». Le communiqué poursuit en soulignant que « Cette hypothèse 2021 pourrait ainsi s'établir dans une fourchette comprise entre 45% et 55% du trafic de 2019. Elle s'appuierait notamment sur une reprise du trafic lente et progressive à partir d'avril 2021 et l'absence de nouvelles restrictions aux voyages à partir de l'été 2021 »

Crispation autour des accords sur les orientations stratégiques

Cette baisse du trafic crispe forcément au sein de l’entreprise. Les discussions autour de trois projets d’accords sur les orientations stratégiques du Groupe ADP (2021-2023) n’ont pas été couronnées de succès puisqu’une seule des trois organisations syndicales de l’entreprise a accepté de signer un accord pour réduire les coûts et les effectifs, sans départ contraint, au sein du groupe. La CGT souhaite un délai supplémentaire jusqu’au 20 novembre pour acter une consultation de tous les salariés sur les mesures proposées. Les principaux points d’achoppement concernent la rémunération et l'accord d'activité partielle de longue durée (APLD).

Si un équilibre n’est pas trouvé, la direction d’ADP brandit déjà la menace d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) débouchant inexorablement sur des licenciements secs. Dans un communiqué ADP avertit que « l'absence de signature conjointe de ces trois accords par les organisations syndicales représentatives représentant plus de 50 % des voix imposera que les mesures nécessaires soient prises pour adapter le modèle économique et social de l'entreprise, conformément à ses orientations stratégiques. Le Groupe ADP agira avec le souci d'équilibre entre toutes les parties prenantes ». Le confinement ordonné en France le 29 octobre pour une durée minimale de quatre semaines et les dernières sorties médiatiques du gouvernement risquent bien de ne pas arranger la situation financière de la société.

Pour espérer retrouver ses visiteurs et de meilleurs lendemains, le secteur du transport aérien commercial scrute très attentivement les annonces sur l’apparition rapide d’un vaccin efficace et durable sur le marché. En attendant, ils comptent tous sur le déploiement massif des tests de dépistage pour tenter de rassurer des utilisateurs toujours moins nombreux. Le partenariat signé le 5 novembre avec Cerballiance acte cette position et cette envie d’ADP d’un retour massif des voyageurs dans ses enceintes en facilitant les tests de dépistage avant le départ. Les clients peuvent prendre rendez-vous dans un centre de dépistage Cerballiance installé dans un des deux aéroports ou dans un laboratoire de son partenaire en étant assuré d’avoir les résultats sous 48h pour un test RT-PCR ou une à deux heures pour un test antigénique.

 

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