En pleine pandémie, Aéroport de Paris fait le choix d'augmenter ses tarifs
Publié le 13/01/2021
 

Alors que la pandémie de covid-19 continue de ravager de nombreux secteurs dont celui-ci de l’aérien, ADP a choisi d’augmenter ses tarifs contrairement à d’autres aéroports.

Avec la pandémie de covid-19, on le sait le secteur aérien est l’un des plus impactés avec des pertes colossales. Les aéroports à travers la planète essaient en vain de stopper l’hémorragie financière et réduisent les coûts et tarifs pour accompagner le secteur dans une transition plus douce. Ce n’est pourtant pas le cas de tous puisque qu’Aéroport de Paris (ADP) augmente ses tarifs de l’ordre de 2,5 %. Soumise à l’avis de l’autorité de régulation des transports (ART) cette augmentation intervient dans un contexte sanitaire et économique très tendu pour bon nombre d’entreprises qui se retrouvent en difficulté face à la baisse très significative du trafic aérien avec la fermeture des frontières de plusieurs pays pour lutter contre la covid-19.

Cette démarche a été validée par l’ART, alors que celle-ci dans son compte-rendu pointe « le manque de transparence de la consultation menée par la société ADP sur les aéroports de Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly, en raison du fait que le dossier ne mentionnait, pour la période tarifaire objet de la consultation, ni les objectifs d’évolution de charges sur le périmètre régulé, ni le niveau de la base d’actifs régulés ». Cette augmentation tarifaire surprend alors que le trafic aérien mondial est en chute libre depuis mars 2020 et ne s’apprête pas à retrouver les sommets avant 2022 selon les perspectives d’évolution. Si du côté d’ADP, la demande paraît légitime au regard de leurs investissements à venir, elle ne passe pas auprès des professionnels du secteur.

 

 « Il est en effet inadmissible qu’ADP continue sa quête effrénée d’un profit maximal au détriment de ses clients, compagnies aériennes »


Le Syndicat des Compagnies Aériennes Autonomes (SCARA) est particulièrement remonté face à cette hausse tarifaire. Dans un communiqué le syndicat pense que la « décision de l’ART est d’autant plus incompréhensible qu’elle ne repose sur aucun fondement raisonnable comme le note l’ART elle-même dans son rapport ». Pour le SCARA « lensemble du processus qui a amené l’ART à l’homologation des tarifs d’ADP dans une totale opacité, et en faisant abstraction de la crise économique mondiale, montre les limites du système ».

Le syndicat enfonce le clou et avance que « ce dernier avatar d’un temps révolu met en évidence l’urgence de la refonte de la relation aéroportuaire, demandée depuis le début de la crise sanitaire dès le mois de mars par le SCARA. Il est en effet inadmissible qu’ADP continue sa quête effrénée d’un profit maximal au détriment de ses clients, compagnies aériennes. Pour étayer sa démonstration, le SCARA liste les villes où les responsables des aéroports ont décidé de réduire ou geler leurs tarifs : de Londres à Amsterdam en passant par Zurich, Pékin, Shangaï, Dubaï, Riyad, Bogota, Cancun, Sao Paulo…

En pointant du doigt les pratiques d'ADP, le SCARA souhaite mettre en évidence les évolutions tarifaires d’une société gestionnaire qui depuis 15 ans a vu ses tarifs grimper de 48,1 %. ADP n’a pas été pas le seul aéroport français à faire la demande d'une augmentation de ses tarifs auprès de l’ART. En effet ceux de Lyon et Marseille ont réclamé respectivement une hausse de 9 et 8,2 % auprès de l’autorité de régulation. Cependant l’ART a invalidé ces deux dernières suppliques. Uniterre a bien tenté de joindre le service communication d’ADP pour comprendre et analyser cette demande mais celui-ci est injoignable.

 

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