Airbnb fait une entrée fracassante à Wall Street
Publié le 10/12/2020
 

Depuis ce matin, Airbnb a fait son entrée au Nasdaq à Wall Street et espère une valorisation jusqu'à 47 milliards de dollars.

Depuis le printemps dernier, le tourisme vit des moments très compliqués où la moindre mauvaise nouvelle vient faire tousser un peu plus une machine bien enrayée. Airbnb, qui en mai était en pleine décrépitude, file pourtant depuis ce matin le parfait amour avec Wall-Street depuis son introduction fracassante au Nasdaq. L’entreprise de location saisonnière a fixé son prix d’entrée à 68 dollars l’action. Cette juteuse opération pour les créateurs de la société, désormais cotée en bourse, la valoriserait à près de 47 milliards de dollars.

Airbnb s’est même permise de relever le prix d’une action alors qu’au départ il avait été décidé de la placer entre 44 et 50 dollars, puis de 56 à 60 dollars avant de hisser le prix à 68 dollars. Ce qui devrait lui ramener plus de 3 milliards de dollars. La cérémonie s’est déroulée en grande pompe sur la Tour du Nasdaq. Pour marquer le coup, le groupe basé en Californie a fait don d’une part de son espace publicitaire temporaire de la tour à Friday For Future, l’organisation créée par Greta Thunberg. A Wall Street, c’est désormais sous le symbole ABNB qu’il faudra trouver Airbnb et sa gloutonnerie financière.

Airbnb s'est refait une santé en six mois

Adepte du contre-pied jusqu’au bout, le groupe a réussi à inverser la tendance négative constatée depuis l’émergence de la pandémie en réorganisant ses équipes et ses projets. En cause le recul de 32 % du chiffre d'affaires sur les neuf premiers mois de l'année. Exit un quart de ses effectifs (1800 employés), dépenses publicitaires freinées, interruption de projets, les dirigeants-créateurs ont concentré leurs forces sur la location de courte durée leur cœur de métier à leurs débuts, deux levées de fonds à hauteur de 1 milliard de dollars chacune pour rembourser les loueurs confrontés aux annulations en cascade. Brian Chesky, son directeur général et co-créateur, a fait le choix de revenir presque aux fondamentaux.

En effet les codes ont évolué et l’entreprise a décidé de privilégier les loueurs professionnels les plus actifs. Stratégie payante, puisque ses revenus ont grimpé, mais cette décision laisse un goût amer aux loueurs non-professionnels qui désormais doivent se battre contre Goliath pour se démarquer. C'est cruel, comme cette anicroche cet automne où l’entreprise a manqué le coche sur le remboursement automatique des voyageurs.

Si cette entrée en bourse fait espérer de meilleurs lendemains pour les équipes d'Airbnb, elle va permettre de valoriser la société. Trompe l'œil ou réel acte pour un futur plus fastueux, cette décision ne doit pas être le miroir aux alouettes d'une société qui a grandement souffert de la pandémie. Elle ne doit pas considérer que ce soit l'alternative qui va lui permettre de redorer son blason si les échanges touristiques ne redémarrent pas au plus vite.

Les investisseurs ont bien compris l’intérêt de cette introduction mais ils n’attendront pas éternellement. Airbnb est soumise aux aléas pandémiques et des tendances du tourisme mondial pour le moment vacillant. Et du côté de Bruxelles on veille également sur l’hégémonie de ce mastodonte. Si à Wall Street on a accueilli à bras ouvert cette nouvelle entité, elle est plus que jamais surveillée du coin de l'œil par tous les observateurs qui ne laisseront rien passer. 

 

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